Sensibilisation : priorité à la transparence
Brazzaville a accueilli, du 8 au 10 octobre, la deuxième étape des ateliers de sensibilisation organisés par l’Autorité de régulation des marchés publics. Objectif : diffuser les nouveaux textes institués l’an dernier et installer une culture de transparence partagée par tous les opérateurs de la chaîne de la commande publique.
À l’ouverture, le président du Conseil de régulation, Ludovic Ngouala, a souligné « l’engagement ferme de l’Armp à garantir une gouvernance exemplaire » dans l’attribution des contrats publics. Selon lui, la réforme offre une occasion inédite d’asseoir la confiance entre l’État, les entreprises et les partenaires techniques.
Brazzaville et Pool : terrains d’application pilote
Après Pointe-Noire, la capitale et le département du Pool servent de laboratoires grandeur nature. Une trentaine de cadres municipaux, de gestionnaires et de représentants d’entreprises ont planché sur les nouvelles procédures, étudié des cas pratiques et harmonisé leurs méthodes de contrôle.
Joël Ikama Ngatse, directeur général de l’Armp, insiste : « Les textes ne produisent leurs effets que s’ils sont compris et appliqués de manière uniforme. » D’où la multiplication des échanges d’expérience et la mise en réseau des cellules locales de passation des marchés.
Les sessions prévoient un suivi post-formation. Des équipes mixtes Armp–administrations se rendront dans les sous-préfectures du Pool pour évaluer, in situ, la bonne appropriation des règles et accompagner les correctifs éventuels sans alourdir les délais d’exécution.
Un appui déterminant du programme Pagir
Financés dans le cadre du partenariat Congo–Banque mondiale, les ateliers entrent dans le Programme « Accélérer la gouvernance institutionnelle et les réformes » (Pagir). Le volet axé sur les résultats s’appuie sur des indicateurs précis : réduction des délais d’appel d’offres, hausse du taux d’exécution et disponibilité des données publiques.
Le soutien logistique et méthodologique de la Banque mondiale renforce la crédibilité de la démarche. Brazzaville entend démontrer qu’un cadre réglementaire modernisé est un levier de performance pour l’administration comme pour le secteur privé national.
Les experts du Pagir rappellent que chaque tranche de financement est conditionnée par la publication régulière d’indicateurs sur le portail officiel des marchés, illustrant ainsi la dynamique de transparence recherchée.
Effets attendus sur l’économie nationale
La réforme ambitionne de raccourcir les délais moyens de passation, actuellement estimés à cent-dix jours, et d’abaisser les coûts de transaction pour les PME congolaises. Une commande publique plus prévisible devrait stimuler la création d’emplois et améliorer la compétitivité des entreprises locales.
Les acteurs privés saluent l’initiative. « Un cahier des charges clair est le meilleur outil de réduction du risque », affirme Florent Ngoma, dirigeant d’une PME du BTP présente à l’atelier. Des procédures homogènes limitent, selon lui, les surcoûts liés aux redéploiements de matériel ou aux retards de paiement.
Sur le plan macroéconomique, le Trésor anticipe une optimisation des dépenses publiques grâce à la dématérialisation progressive des dossiers, laquelle devrait réduire la facture papier et améliorer la traçabilité budgétaire.
Cap vers la dématérialisation intégrale
L’Armp prépare déjà la prochaine étape : la migration vers une plateforme numérique unique de soumission et de suivi des marchés. Un appel d’offres international pour la solution technique est prévu au premier trimestre. Brazzaville vise une mise en production avant la fin de l’exercice budgétaire.
Cette numérisation complète prolongera l’effort de formation engagé. Ludovic Ngouala estime que « la transparence est d’abord une question de bonne information ». En facilitant l’accès aux données en temps réel, l’autorité entend consolider l’État de droit économique et attirer de nouveaux investisseurs.
Une dynamique inscrite dans la durée
En clôturant la session, le président du Conseil de régulation a rappelé que la réussite de la réforme dépendra de la mobilisation de chaque maillon, depuis la rédaction des appels d’offres jusqu’au contrôle a posteriori. Il a appelé les participants à devenir des relais actifs auprès de leurs administrations respectives.
Les prochaines rencontres régionales, annoncées pour février à Oyo et Madingou, confirmeront la volonté de déployer la nouvelle gouvernance des marchés publics sur tout le territoire. Le cap est donné : faire de la commande publique un vecteur durable de développement inclusif au Congo-Brazzaville.
