Lundi 22 juin, Anatole Collinet Makosso s’est avancé devant l’Assemblée nationale du Congo-Brazzaville avec un document que beaucoup attendaient. Le Programme d’action du gouvernement pour 2026-2031 venait, ce jour-là, donner un contour concret aux promesses du second mandat présidentiel.
Le contexte n’avait rien d’anodin. Le Premier ministre a parlé devant une chambre consciente des tensions économiques, sociales et structurelles qui traversent le pays. Son discours cherchait moins l’effet que la méthode, en posant les jalons d’une action publique annoncée comme plus mesurable.
Une architecture en dix priorités
Le PAG repose sur une charpente claire : dix priorités, six axes majeurs et vingt missions. Cette grille se présente comme la déclinaison opérationnelle du projet de société du président Denis Sassou N’Guesso, baptisé « L’accélération de la marche vers le développement ».
Derrière le vocabulaire administratif, l’ambition affichée tient en une idée. Il s’agit de passer d’une logique d’intentions à une culture du résultat, où chaque mission engage une part de responsabilité gouvernementale sur la durée du quinquennat.
Selon le chef du gouvernement, ce programme doit renforcer la dynamique de modernisation déjà engagée. La croissance inclusive y occupe une place centrale, tout comme l’amélioration tangible des conditions de vie des populations, présentée comme le juge de paix de l’action publique.
Diversifier l’économie pour réduire la dépendance
Parmi les chantiers annoncés, la diversification économique occupe une position stratégique. Le pays, longtemps adossé à ses ressources, cherche à élargir sa base productive afin de mieux absorber les chocs et stabiliser ses recettes sur le long terme.
Le gouvernement entend ainsi soutenir les secteurs productifs et stimuler la création de richesses. Cette orientation rejoint un objectif de fond : bâtir une résilience économique capable de tenir face aux retournements de conjoncture qui fragilisent régulièrement les finances nationales.
La valorisation du capital humain accompagne cette logique. En misant sur les compétences, l’exécutif espère donner aux secteurs émergents la main-d’œuvre qualifiée dont ils auront besoin pour exister durablement dans le tissu productif du pays.
Infrastructures, services sociaux et jeunesse
Le développement des infrastructures figure parmi les priorités revendiquées. Routes, équipements et réseaux constituent, dans le discours gouvernemental, la condition matérielle d’un territoire mieux connecté et plus à même de soutenir l’activité économique attendue.
L’amélioration des services sociaux de base complète ce socle. Santé et éducation, souvent citées comme les premiers indicateurs de la qualité de vie, sont présentées comme des leviers directs du mieux-vivre que le programme dit vouloir atteindre.
La question de l’emploi des jeunes traverse l’ensemble. Dans un pays où la démographie pèse lourd, l’insertion professionnelle des nouvelles générations apparaît comme un test décisif de la crédibilité du plan présenté aux députés.
Le pari du numérique
La transformation numérique referme la liste des grandes orientations. Loin d’un simple effet d’affichage, elle est posée comme un outil transversal, susceptible d’irriguer aussi bien la gouvernance que les services publics et l’économie réelle.
Cette ambition technologique dialogue avec les autres priorités. En fluidifiant l’administration et en ouvrant de nouveaux usages, le numérique pourrait, selon l’esprit du programme, accélérer la mise en œuvre des chantiers sans en alourdir le coût.
Une mobilisation collective en ligne de mire
Face aux députés, Anatole Collinet Makosso a insisté sur un point qui dépasse la technique. Aucun objectif, a-t-il défendu, ne sera atteint sans une mobilisation collective réunissant institutions, acteurs économiques et citoyens autour d’un même horizon.
Cet appel à l’engagement donne au PAG une dimension politique assumée. Le développement accéléré n’y est pas présenté comme une affaire d’experts, mais comme une entreprise nationale dont chacun porterait une part, du sommet de l’État jusqu’aux territoires.
Reste désormais l’épreuve du temps. Un programme structuré en priorités, axes et missions vaut surtout par sa capacité à se traduire en réalisations vérifiables. C’est sur ce terrain, et non sur celui des annonces, que se jouera le bilan du quinquennat ouvert (Journal de Brazza).
