Hommage du PCT à Brazzaville
Membre du comité d’honneur du Parti congolais du travail (PCT) issu du 6e congrès ordinaire, Martine Ikaka Mpela est décédée le 12 janvier à Brazzaville, à l’âge de 83 ans. Elle a été portée en terre le 30 janvier, au cimetière du centre-ville.
Fidèle à ses usages, le PCT lui a rendu un dernier hommage au siège fédéral. La cérémonie s’est tenue en présence du secrétaire général du parti, Pierre Moussa, venu saluer une militante dont le parcours a longtemps accompagné les structures d’encadrement politique et social.
Une vocation d’enseignante, une formation exigeante
Née le 8 mars 1943 à Brazzaville, Martine Ikaka Mpela a effectué une partie de sa scolarité entre le Congo et le Gabon. De 1951 à 1960, elle fréquente l’École ménagère des filles de Poto-Poto puis l’École des filles de Libreville, avant de revenir à Poto-Poto.
Elle y obtient le Certificat d’études primaires élémentaires, étape structurante pour une génération appelée à servir l’administration et les services publics. En 1960, elle est admise au concours d’entrée au Collège normal des jeunes filles de Mouyondzi, où elle est formée au métier d’enseignant.
Dans les témoignages réunis lors des obsèques, cette identité professionnelle revient comme un fil rouge. La rigueur de la formation et l’habitude du terrain scolaire auraient, selon plusieurs proches, façonné une manière d’être faite de méthode, de constance et de sens du devoir.
Engagement politique et mouvement des femmes au Congo
Lors de l’oraison funèbre, Antoinette Kebi, membre du bureau politique du PCT, a présenté Martine Ikaka Mpela comme une figure emblématique du mouvement féministe congolais. « L’histoire retiendra (…) une enseignante (…) et une femme politique courageuse et très engagée », a-t-elle déclaré.
La même intervention a insisté sur les ressorts intimes de son engagement. « Discipline, sens du devoir, responsabilité et amour du travail bien fait »: ces valeurs, a souligné Antoinette Kebi, l’auraient portée dans une trajectoire où l’action sociale et l’action politique se sont souvent rejointes.
Activiste de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise, elle est élue au Comité central de cette organisation en 1977. Elle est ensuite nommée secrétaire permanente au bureau régional de la Likouala, signe d’une implantation militante en dehors de la seule capitale.
Admise au PCT, elle milite également au sein de l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC), comme membre du Conseil central. En 1979, elle entre au bureau permanent de l’URFC, chargée de la culture, des arts, des sports et loisirs, fonction exercée jusqu’en 1982.
En 1986, elle est élue secrétaire chargée des femmes paysannes. Ce poste est souvent évoqué comme un moment où l’action militante s’arrime davantage aux réalités économiques et sociales, à travers la prise en compte du monde rural et des conditions de vie des femmes.
Pour Antoinette Kebi, cette trajectoire dépasse la seule liste des fonctions. « Martine Ikaka Mpela figure au nombre des grandes militantes (…) pour l’émancipation des femmes du Congo », a-t-elle rappelé, en situant son action dans un effort collectif de structuration du mouvement féministe.
Responsabilités publiques et reconnaissance au PCT
Martine Ikaka Mpela a aussi occupé des responsabilités au niveau municipal. Elle a été secrétaire aux affaires économiques et sociales de la mairie de Moungali et conseillère municipale de la ville de Brazzaville en 1988, ancrant son engagement dans la gestion de proximité.
À l’issue du congrès constitutif de 2013, elle est élue membre du Conseil central et vice-présidente de la commission de contrôle et d’évaluation de l’Organisation des femmes du Congo. Elle rejoint ensuite le bureau politique du PCT à l’issue du 5e congrès ordinaire.
Le texte d’hommage la présente comme appartenant à l’élite politique féminine, tout en rappelant une progression faite d’étapes. Dans l’appareil du parti comme dans les organisations associées, elle a cumulé responsabilités, missions d’encadrement et fonctions de coordination.
Une mémoire familiale et une figure décorée
Mère de sept enfants, Martine Ikaka Mpela a également reçu une distinction nationale. Elle avait été élevée au grade d’Officier dans l’ordre du mérite congolais, à titre normal, en 1984, marque officielle d’une reconnaissance du service rendu.
Dans sa conclusion, Antoinette Kebi a résumé une appréciation partagée lors de la cérémonie: « Sa disparition est une perte inestimable (…) pour le PCT (…) et pour le Congo qu’elle a servi avec abnégation et loyauté ». L’hommage a refermé une page de militantisme.
Entre école, structures politiques et organisations de femmes, son itinéraire renvoie à une génération pour qui l’ascension passait par la formation, l’encadrement et la patience des responsabilités. Le PCT, en la saluant publiquement, a aussi rappelé cette continuité des engagements.
