Accès à l’électricité : un gain en un an
Brazzaville, 17 janvier — Le taux d’accès à l’électricité au Congo-Brazzaville est passé de 49% à 59% en l’espace d’un an. L’information a été donnée récemment par le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Emile Ouosso, dans une prise de parole publique (ACI).
Le ministre a aussi communiqué des ordres de grandeur sur l’équilibre offre-demande. La production nationale est présentée à 770 mégawatts, pour des besoins estimés à 600 mégawatts. Ces chiffres posent une question centrale : produire plus ne suffit pas, il faut acheminer mieux.
Une émission pour préciser les leviers techniques
Emile Ouosso s’exprimait lors de l’émission « 30 jours pour convaincre en toute transparence ». Dans ce cadre, il a relié l’amélioration du taux d’accès à un chantier précis : la réhabilitation en cours de la ligne Pointe-Noire–Brazzaville, conduite par la société italienne Eni-Congo (ACI).
Pour l’exécutif, le message est clair : les progrès reposent sur des actions concrètes de remise à niveau des infrastructures. Dans un système électrique, l’augmentation de l’accès se joue autant sur les lignes, les postes et la maintenance que sur les centrales elles-mêmes.
Centrale du Congo (Cec) : l’atout du gaz naturel
Le ministre a mis en avant les performances de la Centrale électrique du Congo (Cec) de Côte Matève. Selon lui, cette installation produit 484 mégawatts grâce au gaz naturel, un niveau qui pèse dans la capacité nationale annoncée (ACI).
Ce rappel montre l’importance croissante des solutions thermiques au gaz dans le mix. Pour les ménages et les entreprises, l’enjeu se traduit en qualité de service, mais aussi en continuité : une centrale performante peut stabiliser l’offre, à condition que le réseau suive.
Réseau vieillissant : le goulot d’étranglement vers Brazzaville
Emile Ouosso a toutefois insisté sur une limite structurante : la vétusté du réseau de transport et de distribution. Même avec une production annoncée supérieure aux besoins estimés, le système perd de l’énergie en route et n’achemine pas tout ce qui est prévu vers les centres de consommation (ACI).
Il a illustré ce point avec une donnée marquante concernant la capitale. « Sur les 300 mégawatts destinés à Brazzaville, moins de 100 mégawatts parviennent effectivement à destination », a-t-il déclaré, en liant ces pertes à un réseau de transport datant de 1982 (ACI).
Dans cette perspective, la hausse du taux d’accès apparaît comme un indicateur encourageant, mais encore dépendant d’un second chantier : renforcer les capacités de transit et réduire les pertes. Le débat n’est pas seulement celui de la puissance installée, mais celui de l’efficacité du système.
Barrage d’Imboulou : un dossier de maintenance prioritaire
Le ministre a également abordé la situation du barrage hydroélectrique d’Imboulou. Il a reconnu un état de dégradation avancée de cette infrastructure, construite pour environ 170 milliards de FCFA, et a livré des éléments techniques sur les difficultés rencontrées (ACI).
« Une turbine est à l’arrêt depuis 2018 et certaines installations présentent des risques structurels sérieux », a-t-il expliqué (ACI). Ces précisions dessinent un impératif de maintenance lourde, afin de sécuriser l’outil et de préserver les capacités de production associées au site.
Le point éco : production, besoins et valeur du réseau
Les chiffres communiqués par Emile Ouosso mettent en lumière une réalité économique bien connue des énergéticiens : l’électricité n’a de valeur que livrée. Avec 770 mégawatts de production pour 600 mégawatts de besoins estimés, l’écart apparent se heurte à la contrainte du transport (ACI).
Le réseau devient alors un actif stratégique, au même titre que les centrales. La réhabilitation de la ligne Pointe-Noire–Brazzaville, attribuée par le ministre à Eni-Congo, s’inscrit dans cette logique : améliorer les flux et rendre l’investissement productif pour l’usager final (ACI).
À retenir : progrès mesurés, défis identifiés
Les propos du ministre dressent un tableau équilibré. D’un côté, un gain rapide du taux d’accès, porté par des travaux de réhabilitation et la contribution d’une centrale au gaz. De l’autre, un réseau ancien et des infrastructures à remettre en état, qui conditionnent l’impact réel sur Brazzaville (ACI).
À court terme, l’efficacité des chantiers en cours et la capacité à réduire les pertes détermineront la perception des ménages et des entreprises. À moyen terme, la trajectoire du secteur dépendra de la modernisation du transport, de la sécurisation des installations et de la continuité de la maintenance.
