Retour de Constantine: le bilan chiffré du parcours
De retour d’Algérie, les Diables rouges A’ ont été reçus au siège de la Fécofoot le 17 septembre. Entre applaudissements polis et autocritique mesurée, dirigeants, staff et joueurs ont analysé un parcours achevé dès la phase de groupes du Chan, huitième édition.
Le bilan brut est connu : deux nuls face au Sénégal et au Soudan, puis une défaite 0-2 contre le Nigeria qui condamne l’équipe à la dernière place du groupe. Zéro victoire, deux buts marqués, quatre encaissés, mais surtout un sentiment d’occasion manquée.
Un groupe en reconstruction
Barthélémy Ngatsono, reconduit en 2022, savait qu’il alignait un onze largement remodelé après les départs de plusieurs cadres vers des clubs étrangers. Les automatismes restent fragiles ; le sélectionneur assume toutefois « la responsabilité collective » et souligne la « générosité irréprochable » montrée durant 270 minutes.
L’effectif convoqué comprenait dix débutants en phase finale continentale. Sous l’œil des cadres Prince Soussou et Guy Mbenza, les novices ont découvert l’exigence d’un Chan désormais qualifié, par la Confédération africaine, de tournoi le plus compétitif derrière la CAN seniors.
Les enseignements tactiques
Les deux premiers matches ont révélé une animation offensive séduisante durant les trente premières minutes, portée par le trident Bercy–Ndzoukou–Okouri. Mais faute de gestion du tempo et de profondeur de banc, l’équipe a reculé, laissant des couloirs ouverts aux ailiers adverses.
Contre le Nigeria, l’intégration tardive d’un troisième milieu défensif n’a pas suffi à verrouiller la zone de vérité. Ngatsono note pourtant un progrès dans l’utilisation des transitions rapides ; l’objectif est de capitaliser sur cette base pour les éliminatoires de la COSAFA.
Le staff prépare un module hybride 4-2-3-1 devenu 3-4-3 en phase offensive, en s’inspirant des références marocaines et sud-africaines. Selon l’adjoint Gracia Pali, « la polyvalence de nos latéraux doit devenir une arme, pas un pis-aller ».
Préparation tronquée: l’enjeu des matches tests
Au-delà du rectangle vert, le diagnostic pointe une préparation limitée à trois semaines de stage, sans matches amicaux internationaux. La Fécofoot reconnaît que les discussions avec la Mauritanie et le Togo n’ont pas abouti, faute de fenêtres FIFA compatibles.
« Sans confrontation préalable, on manque de repères collectifs et d’automatismes sous pression », confie le capitaine Arnold Bouka. Le constat est partagé par les secrétaires généraux des clubs de Ligue 1, invités à renforcer la coordination calendrier entre championnat et échéances de l’équipe.
Jean Guy Blaise Mayolas insiste sur la planification. L’instance s’engage à programmer quatre tests avant la reprise des compétitions homologuées. Un budget additionnel est en cours de finalisation, en lien avec le ministère des Sports, pour couvrir voyages, assurance, et primes.
Les priorités exposées par la Fécofoot
Face aux joueurs, le président a livré un discours franc. Il les exhorte à soigner leurs choix de carrière et à préférer des championnats encadrés plutôt que des destinations exotiques aux contrats aléatoires. « Le plus beau transfert reste celui qui fait progresser ».
Mayolas a également rappelé la réforme des primes, désormais indexées sur les résultats et la discipline. L’accompagnement psychologique, déjà expérimenté par les Diables rouges seniors, sera étendu à la sélection A’, afin de stabiliser les performances sur 90 minutes.
Sur le plan médical, la Fédération veut généraliser les tests d’effort de pré-saison et signer un partenariat avec le Centre national de médecine du sport. Objectif : réduire les blessures musculaires, qui ont privé l’équipe de trois titulaires lors du rassemblement de juillet.
Perspectives pour les éliminatoires régionales
Dès novembre, les Diables rouges A’ disputeront les qualifications de la prochaine Coupe de la CEMAC. Les adversaires pressentis sont le Cameroun et la République centrafricaine. Le staff veut faire du Chan un tremplin, non une parenthèse, afin de retrouver un titre sous-régional.
Le calendrier serré impose des rotations. Ngatsono compte élargir la liste à trente-deux joueurs, avec plusieurs éléments du championnat U-23. La Fédé prépare un mini-tournoi interne pour évaluer la forme des remplaçants et stimuler la concurrence positive.
Les supporters, nombreux sur les réseaux sociaux, réclament une diffusion systématique des matches amicaux. La Fécofoot annonce travailler avec Télé Congo et une plateforme OTT régionale pour offrir, dès 2024, des retransmissions en direct et des analyses vidéo enrichies.
En coulisses, le ministère étudie la rénovation du stade Alphonse-Massamba-Débat. Les travaux prévoient une pelouse hybride et un éclairage LED conforme aux normes CAF, de quoi garantir des conditions optimales pour les rencontres nocturnes programmées dans le prochain cycle international.
Si la déception est vive, la réception officielle a permis de maintenir le lien entre équipe, encadrement et institution. Dans les couloirs, un dirigeant souffle : « Nous avons semé, il faut arroser patiemment ». Le Chan s’achève, le chantier continue, et l’ambition demeure.
Le Congo veut capitaliser sur ses talents locaux et prépare une filière de formation CAF B pour entraîneurs et analystes vidéo.
