Auteur/autrice : Catherine Bikeya

Compte à rebours institutionnel Le décret publié cette semaine par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation constitue la première brique tangible de la présidentielle programmée pour 2026. En officialisant l’implantation de 1 478 bureaux d’enregistrement, 4 011 centres de vote et 6 620 urnes réparties sur l’ensemble du territoire, l’exécutif enclenche un processus normé par le Code électoral révisé en 2022 et salué pour la clarté de ses exigences procédurales. À Brazzaville, l’on souligne qu’« aucune élection ne saurait être crédible sans un cadastre électoral rigoureux », pour reprendre l’expression du directeur général des affaires électorales, Clément Oba.…

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Une négociation à huis clos sur les rives du fleuve Le 27 juillet 2025, la résidence privée de Mpila s’est muée en véritable laboratoire diplomatique. Autour de Denis Sassou-Nguesso, les délégations conduites par Angélique Ngoma et Blaise Louembé d’une part, Ali Akbar Onanga Y’Obegue et Francis Nkea Ndzigue de l’autre, ont tenté de dénouer la crise de légitimité qui déchire le Parti démocratique gabonais depuis le renversement d’Ali Bongo en 2023. L’initiative, voulue discrète, traduit la volonté du chef de l’État congolais de consolider la stabilité du voisin gabonais tout en préservant un capital symbolique forgé au fil de quatre…

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Coopération bilatérale Japon-Congo : une fidélité tangible Au-delà des formules protocolaires, le récent don de deux millions de dollars consenti par Tokyo à Brazzaville confirme la profondeur d’une relation diplomatique qui, depuis plus de quatre décennies, s’appuie sur la solidarité humanitaire pour se densifier. Le gouvernement congolais, bénéficiaire direct, voit ainsi se matérialiser une orientation stratégique du Japon : privilégier les « aides de proximité », c’est-à-dire des interventions ciblées qui épousent les priorités nationales, tout en donnant un visage humain à la coopération Sud-Nord. Le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), Gon Myers, l’a rappelé d’un ton mesuré :…

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Brazzaville, carrefour urbain et mémoire historique Dans l’imaginaire collectif continental, Brazzaville demeure bien plus qu’une capitale administrative ; elle incarne un carrefour mémoriel où se croisent le souvenir de la France libre, la modernité urbaine et la vitalité démographique d’un pays jeune. La ville, adossée au majestueux fleuve Congo, voit sa population frôler aujourd’hui les deux millions d’habitants, concentrant près d’un tiers de la richesse nationale, selon les estimations du Centre national de la statistique. La corniche récemment réhabilitée, les quartiers d’affaires en gestation et la densification d’un tissu de PME témoignent d’une dynamique qui cherche à conjuguer développement et préservation…

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Héritage colonial et lignes de partage Au milieu du XIXᵉ siècle, l’exploration européenne du bassin du Congo s’accélère sous l’impulsion des grandes puissances industrielles à la recherche de matières premières. La Conférence de Berlin de 1884-1885, décrite par l’historien Elikia M’Bokolo comme « l’acte de naissance officiel de la cartographie impériale en Afrique centrale », attribue la rive droite du grand fleuve à la France tandis que la rive gauche revient à la couronne belge. Deux administrations se font alors face, séparées par un bras d’eau de quelques kilomètres à peine mais portées par des logiques impériales différentes. Côté français,…

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Nouvel élan diplomatique à Brazzaville Les ors du Palais du peuple de Brazzaville ont retrouvé, le 28 juillet, la solennité des grandes journées diplomatiques. En recevant les lettres de créance de Maryse Guilbeault, représentante du Canada, puis de Hidetoshi Ogawa, émissaire de l’Empire du Japon, le président Denis Sassou Nguesso a rappelé « la vocation d’ouverture et de stabilité du Congo, partenaire fiable au cœur du bassin du Congo ». Les deux chefs de mission, dont les résidences demeurent à Kinshasa pour des raisons pratiques, n’en mesurent pas moins la portée symbolique de leur accréditation à Brazzaville, capitale historique de…

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Brazzaville célèbre la passerelle mémorielle Le 26 juillet, la Maison russe de Brazzaville s’est transformée en laboratoire intellectuel où la littérature congolaise a été convoquée pour éclairer la relation entre héritage et prospective. Sous la houlette du critique David Gomez Dimixson, l’atelier intitulé « De la mémoire au futur : la littérature construit les ponts du temps » a attiré un public que l’on devine avide de réflexion : étudiants en lettres, magistrats, diplomates et créateurs sonores ont investi l’espace pour débattre de la place des mots dans la conscience nationale. L’initiative s’inscrit dans cette diplomatie culturelle qui, depuis plusieurs…

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Effervescence pré-électorale et signal de Talangaï Les pérégrinations politiques prennent rarement leur élan dans les salons feutrés de la capitale, mais plus volontiers sur les places publiques où se mêlent rhétorique citoyenne et ferveur populaire. À l’esplanade de la mairie de Talangaï, dans le sixième arrondissement de Brazzaville, la mobilisation orchestrée par l’Association pour le développement de l’axe Liboka a donné le ton de la pré-campagne présidentielle. L’appel solennel lancé le 27 juillet par son président, Maixent Raoul Ominga, enjoignant le chef de l’État à solliciter les suffrages de 2026, a valeur de manifeste politique autant que de thermomètre sociologique.…

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Un héritage précolonial encore vivant Bien avant que la colonisation ne redessine les cartes, le territoire de l’actuelle République du Congo était animé par des réseaux commerciaux bantous structurés autour du fleuve et de la façade atlantique. Les confédérations de Vungu, de Kakongo ou de Ngoyo consolidèrent, dès le XIIIᵉ siècle, des formes originales de gouvernance qui associaient chefferies lignagères, marchés régionaux et pratiques diplomatiques informelles. À l’orée du XVIᵉ siècle, le royaume de Loango s’affirma comme un pivot des échanges entre l’hinterland et les comptoirs européens. Cette mémoire politique, réhabilitée par l’historiographie congolaise contemporaine, irrigue encore la rhétorique nationale…

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Entre océan et forêt équatoriale, un socle physique contrasté Au cœur de l’Afrique centrale, la République du Congo déploie 342 000 km² dont près de 70 % sont recouverts de forêts denses. Cette masse verte, l’une des plus grandes forêts tropicales continues de la planète, sert à la fois de régulateur climatique et de réservoir de biodiversité. La ligne de côte, longue d’une centaine de kilomètres, s’ouvre sur le golfe de Guinée et offre un débouché maritime précieux à un pays enclavé par des voisins plus vastes. Entre le rivage atlantique, à l’altitude zéro, et le mont Nabemba culminant à…

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