C’est un samedi qui restera dans la mémoire institutionnelle de Brazzaville. Le 25 avril 2026, la République du Congo s’est dotée d’une nouvelle équipe gouvernementale, conduite par Anatole Collinet Makosso, dont l’architecture témoigne d’arbitrages mûrement pesés.
Avec quarante et un membres, cette formation conjugue continuité et redéploiement. Les fidélités anciennes y côtoient des entrées remarquées, dessinant un attelage destiné à porter les chantiers économiques, régaliens et diplomatiques que le pays s’est fixés.
Une diplomatie congolaise qui change de visage
Le mouvement le plus scruté concerne les Affaires étrangères. Constant Serge Bounda hérite d’un portefeuille élargi à la Francophonie et aux Congolais de l’étranger. Une nomination qui signale une volonté de réactiver l’outil diplomatique national.
Cette inflexion n’est pas anodine. Dans une sous-région où la CEMAC et les équilibres du Golfe de Guinée commandent une présence active, le choix du titulaire de la diplomatie pèse lourd. La diaspora, expressément mentionnée dans l’intitulé, devient un interlocuteur affiché.
Le verrou régalien maintenu en l’état
Les ministères de souveraineté affichent une stabilité assumée. Raymond Zéphirin Mboulou conserve la Défense nationale, tandis que Jean Ollessongo Ondaye prend l’Intérieur et la Décentralisation. La Justice revient à Aimé Ange Wilfrid Bininga, garde des Sceaux.
À la présidence, Pierre Oba demeure ministre d’État chargé des Affaires politiques, signe que le centre de gravité institutionnel n’a pas été déplacé. Le contrôle de l’État échoit pour sa part à Noël Léonard Essongo, sur fond de lutte affichée contre les antivaleurs.
Finances et économie : la mécanique recomposée
Le cœur économique du dispositif a été retouché. Christian Yoka pilote désormais les Finances, le Budget et le Portefeuille public, là où Ludovic Ngatsé hérite de l’Économie, du Plan et de la Prospective. Une répartition qui sépare nettement la tenue des comptes et la projection stratégique.
Les secteurs productifs restent fléchés avec soin. Bruno Jean-Richard Itoua tient l’Énergie et l’Hydraulique, Stève Simplice Onanga prend les Hydrocarbures, pendant que Michel Djombo s’occupe du Développement industriel et des zones économiques spéciales. Autant de leviers jugés décisifs pour la croissance.
L’environnement et la forêt confiés à des profils confirmés
Le Congo, sentinelle du bassin forestier, maintient des figures expérimentées sur ses dossiers verts. Arlette Soudan-Nonault reste chargée de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable. Rosalie Matondo conserve l’Économie forestière.
Cette permanence n’est pas qu’un détail protocolaire. Elle traduit la continuité d’une diplomatie climatique que Brazzaville cultive sur la scène internationale, articulée autour de la préservation du deuxième massif forestier tropical de la planète.
Des portefeuilles techniques répartis avec méthode
L’éventail des compétences confirme la densité de l’équipe. Jean-Claude Gakosso reprend la Culture et le Patrimoine, Thierry Lézin Moungalla demeure porte-parole du gouvernement à la Communication, et Jean-Rosaire Ibara conserve la Santé et la Population.
L’éducation est éclatée en plusieurs commandements : Delphine Edith Emmanuel Adouki à l’Enseignement supérieur, Jean-Luc Mouthou au préscolaire et au primaire. Denis-Christel Sassou N’Guesso prend, lui, la Coopération et la promotion du partenariat public-privé.
Un attelage entre permanence et signaux
Quarante et un noms, plusieurs femmes aux commandes de secteurs sensibles — du Commerce avec Jacqueline Lydia Mikolo à la Sécurité sociale avec Ghislaine Ingrid Olga Ebouka-Babackas — composent un ensemble qui ménage les équilibres internes.
Reste désormais l’épreuve des faits. Une liste de ministres, aussi soignée soit-elle, ne vaut que par sa capacité à transformer des intitulés en politiques publiques tangibles. Les prochains mois diront si le gouvernement Makosso II tient ses promesses d’efficacité.
