Djambala, un rendez-vous sous tension
Du 16 au 18 février, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a réuni à Djambala, chef-lieu des Plateaux, une concertation politique. Trois jours de travaux destinés à préparer, dans l’apaisement, la présidentielle de mars 2026.
Deux cents délégués ont siégé. Majorité présidentielle et opposition étaient représentées, signe d’un attachement persistant au dialogue. Pour beaucoup, l’occasion valait examen : disséquer les blocages d’une mécanique électorale lancée voilà trois décennies.
Les réserves qui s’expriment au lendemain des travaux
La concertation « a vécu mais n’appartient pas encore au passé ». Au lendemain de sa clôture, des acteurs politiques et de la société civile font entendre leurs réserves sur les recommandations adoptées, ravivant le débat sur la gouvernance du scrutin.
Transparence des résultats, liberté de choix des électeurs, financement des partis : ces questions sont revenues avec insistance. Elles structurent depuis longtemps la défiance entre camps, et conditionnent la crédibilité du rendez-vous de mars prochain.
Trois préoccupations au cœur des consultations
Les délégués ont formulé des préoccupations précises pour les consultations à venir. La première porte sur le vote des Congolais établis à l’étranger. La deuxième concerne l’implantation territoriale exigée des partis. La troisième vise la durée de la campagne.
La loi en vigueur impose aux formations une présence dans au moins sept des quinze départements. Elle borne aussi la campagne à deux semaines. Les participants plaident pour assouplir le premier critère et allonger le second délai.
Une mémoire politique qui pèse encore
Le suffrage de la diaspora renvoie aux actes de la Conférence nationale souveraine. En 1991, une méfiance marquée animait les conférenciers. Les plus « agissants » redoutaient alors qu’une telle ouverture profite, à coup sûr, au pouvoir sortant.
La question de l’implantation, elle, touche un nerf ancien : la prolifération des partis politiques. Quant au calendrier de campagne, l’argument paraît concret. Parcourir 342 km en deux semaines, rappellent les participants, n’a rien d’aisé.
Ce que Djambala laisse derrière elle
Certains ténors de l’opposition ont boycotté ces retrouvailles. Leur absence pèse sur la portée des conclusions. Elle rappelle que l’adhésion au processus reste partielle, et que la confiance ne se décrète pas par une seule rencontre.
Dans la longue marche vers la démocratisation des institutions congolaises, l’épisode n’est pourtant pas vain. À en croire les observateurs présents, Djambala « a servi à quelque chose ». Reste à transformer l’essai d’ici mars 2026.
