Le coup d’envoi a été donné. Le 23 juin 2026, à Brazzaville, le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean-Luc Mouthou, a ouvert les épreuves écrites du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), session de juin.
Derrière le rituel administratif se joue, chaque année, un moment-clé de la trajectoire scolaire de milliers d’adolescents congolais. Cette session ne fait pas exception, et les chiffres en disent déjà long sur l’état du système éducatif national.
Une cohorte de 131 066 candidats mobilisée
Ils sont 131 066 candidats à s’être inscrits pour cette session de juin 2026. Une cohorte massive, répartie sur l’ensemble du territoire de la République du Congo, qui mesure l’ampleur logistique d’un examen devenu rendez-vous structurant.
Pour les accueillir, le ministère a mobilisé 558 centres d’examen. Un maillage destiné à rapprocher l’épreuve des élèves, dans un pays où les distances et l’inégale répartition des infrastructures pèsent encore sur les parcours scolaires.
Sur le terrain, Jean-Luc Mouthou a salué une organisation qu’il a décrite comme fluide. Le démarrage sans accroc des écritures constitue, à ses yeux, un signal de la capacité du dispositif à encadrer un effectif de cette taille.
La participation féminine en première ligne
C’est sans doute la donnée la plus parlante de cette session : 67 637 filles figurent parmi les inscrits, soit 51,63 % de l’effectif total. La barre symbolique de la parité est non seulement atteinte, mais franchie.
Le ministre a explicitement relevé cette forte poussée de la présence féminine. Au-delà du chiffre, le signal touche à un enjeu sensible des politiques publiques congolaises : le maintien des adolescentes dans le système jusqu’au seuil du second cycle.
Cette majorité de candidates ne dit pas tout des inégalités qui persistent ensuite, à mesure que l’on s’élève dans le cursus. Mais elle pose un jalon, et nourrit l’argument de ceux qui plaident pour un investissement continu dans la scolarisation des filles.
Le numérique au service de l’examen
Autre marqueur de cette édition, la place accordée aux outils numériques. Le ministère s’appuie sur la plateforme Exatrust pour informer les candidats sur la localisation de leurs salles et, à terme, diffuser les résultats.
Le procédé n’est pas anodin. Dématérialiser l’information autour de l’examen vise à fluidifier une organisation lourde, tout en familiarisant familles et candidats avec des services administratifs en ligne encore en construction.
Reste que la technologie ne dispense d’aucune des étapes classiques. Les copies devront être corrigées, une phase qui mobilisera enseignants et correcteurs dans les semaines à venir, loin des projecteurs du jour de lancement.
Cap sur la proclamation de fin juillet
Pour les 131 066 candidats, l’attente commence désormais. La proclamation des résultats est annoncée pour la fin juillet 2026, au terme du travail de correction qui s’ouvre une fois les dernières épreuves bouclées.
Ce délai, habituel, sépare l’effort individuel de la sanction collective. Il laisse aussi le temps d’évaluer, à froid, la performance d’une session marquée par un effectif élevé et une féminisation affirmée du public scolaire.
D’ici là, le BEPC version 2026 aura confirmé une tendance que les autorités mettent volontiers en avant : une participation soutenue et une présence féminine désormais majoritaire. Deux indicateurs que la fin juillet viendra prolonger, ou nuancer, à l’épreuve des résultats.
