Confiance renouvelée à la tête de la SNPC
Nommé par décret présidentiel du 16 octobre 2025, Maixent Raoul Ominga prolonge une aventure débutée en 2018 à la direction générale de la Société Nationale des Pétroles du Congo. Sa reconduction, saluée en conseil des ministres, mêle continuité stratégique et nouvel élan opérationnel.
La mission confiée par le chef de l’État affiche une double exigence : préserver les acquis du plan « Performance 2025 » et ouvrir la compagnie aux nouveaux métiers de l’énergie. Sourire constant et sens aigu du collectif, le dirigeant se dit prêt à « servir la souveraineté énergétique du Congo ».
Transition énergétique : un cap présidentiel affirmé
Denis Sassou Nguesso martèle depuis la COP27 que gaz, hydrogène et renouvelables doivent compléter le pétrole dans le mix national. La SNPC devient l’instrument privilégié de cette ambition, afin de transformer la rente fossile en levier de diversification économique et d’indépendance énergétique.
Cette orientation impose d’attirer de nouveaux partenaires, d’adapter les compétences internes et de sécuriser un financement compatible avec les normes ESG. « Le marché réclame fiabilité et transparence ; nous devons répondre présent », résume Maixent Raoul Ominga devant ses cadres.
Gouvernance interne et capital humain renforcés
Première priorité du directeur : une gouvernance consolidée. Il veut aligner les pratiques de reporting sur les standards internationaux et installer un management fondé sur la méritocratie, l’équité de genre et la formation continue.
Les équipes seront évaluées suivant des indicateurs de performance clairs, tandis que de nouveaux programmes de leadership viendront soutenir la relève féminine. « La SNPC est une famille, son avenir dépend de la compétence de chacun », insiste le dirigeant lors d’un séminaire interne.
Au siège de Pointe-Noire, des salles de réunion entièrement rénovées doivent encourager le travail collaboratif. Les formations à la négociation et à la représentation d’entreprise figurent déjà à l’agenda du dernier trimestre 2025.
Exploitation des permis et partenariats stratégiques
Troisième défi : valoriser les permis attribués à la SNPC. Ominga veut accélérer l’exploration, mobiliser l’épargne interne et attirer des majors ou des indépendants capables de partager risques et technologies.
« Il faut rester vigilant face aux changements des partenaires dans un monde en mouvement », prévient-il. Les licences offshore et onshore jugées matures seront priorisées, avec un accent sur la réduction du torchage et la réinjection du gaz.
Digitalisation et contrôle interne, piliers de transparence
Quatrième priorité : renforcer le contrôle interne. La généralisation de la solution SAP, déjà déployée sur les écritures comptables, doit s’étendre à la gestion des contrats et des stocks pour limiter les risques d’opacité.
La digitalisation s’accompagnera d’audits réguliers et de procédures automatisées. Objectif : réduire les délais de clôture financière de 40 % et livrer aux partenaires internationaux des reporting certifiés sous trente jours.
Archives centralisées et aval réinventé
Cinquième axe : regrouper l’ensemble des archives juridiques et techniques dans un centre unique à Brazzaville. Cette mesure facilitera l’accès aux données et sécurisera la mémoire industrielle de la compagnie.
En parallèle, l’aval pétrolier sera réformé pour améliorer la logistique des produits raffinés, optimiser les coûts de transport fluvial et routier et soutenir la politique nationale de substitution aux importations de carburants.
Regards d’experts sur la feuille de route
Pour l’économiste Jean-Paul Boundika, la démarche « combine prudence comptable et audace industrielle ». Il note que la SNPC dispose d’un portefeuille de trente permis, dont dix restent inactifs : « L’activation de ces gisements pourrait accroître de 15 % la production nationale d’ici 2030 ».
Un consultant d’Ernst & Young, habitué du secteur, salue l’engagement dans la transition énergétique mais rappelle « qu’une politique de prix compétitifs sur le gaz congolais sera décisive pour séduire les acheteurs régionaux ».
Cap sur la performance durable post-2025
Les six priorités constituent la rampe de lancement du programme qui succédera à « Performance 2025 ». Maixent Raoul Ominga promet de présenter, mi-2026, une stratégie détaillée alignée sur les objectifs des Nations unies pour 2030.
À moyen terme, la SNPC vise une production stabilisée à 350 000 barils par jour, l’entrée en service de deux projets gaziers et une réduction de 20 % des émissions liées au brûlage de gaz. Une ambition qui renforce la place du Congo sur l’échiquier énergétique africain.
