Une déclaration publique très attendue
Réunis en deuxième session extraordinaire le 22 décembre, les cadres du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral ont invité le chef de l’État à entrer officiellement dans la course de 2026. La motion, lue par Martinien Régis Ulrich Bocko, a reçu l’ovation des militants de Brazzaville.
« Nous n’attendons plus que l’acte de candidature du Président », a martelé le responsable du comité départemental, comparant l’impatience des adhérents à celle de troupes disciplinées. L’image, militaire mais volontairement rassurante, visait à souligner la cohésion interne d’un parti historiquement attaché à la majorité présidentielle.
Une alliance PCT-MCDDI solidifiée
Le MCDDI rappelle que son choix s’enracine dans le pacte signé avec le Parti congolais du travail. Scellée en 2007, cette alliance stratégique avait permis d’unifier le centre et la gauche républicaine derrière un objectif : préserver la paix civile et mutualiser les forces électorales.
Pour le professeur de science politique Rodrigue Mabiala, « ce ralliement montre la maturation d’un partenariat devenu presque organique. En reconduisant son soutien, le MCDDI confirme l’idée que la stabilité institutionnelle passe par des coalitions durables plutôt que par des ruptures improvisées ». Une lecture partagée par plusieurs observateurs locaux.
Stabilité et cohésion, maître-mots
Dans sa déclaration, le comité insiste sur le rôle du Président comme garant de la sécurité nationale, notamment face aux pressions transfrontalières du Golfe de Guinée. Le parti y voit le meilleur rempart contre les turbulences régionales qui pourraient affecter l’économie fluviale et pétrolière.
L’argumentaire convoque également le « vivre-ensemble ». Pour le MCDDI, la figure rassembleuse de Denis Sassou Nguesso reste un atout dans un pays où la pluralité ethnique doit se conjuguer à l’unité républicaine. Le parti promet une campagne axée sur la cohésion sociale plutôt que sur la confrontation.
Le calendrier électoral se précise
Le scrutin devrait se tenir en mars 2026, conformément au cadre constitutionnel. D’ici là, la Commission nationale électorale indépendante finalisera le fichier et publiera un chronogramme révisé. Les partis ont jusqu’à la fin 2025 pour déposer leurs candidatures auprès de la Cour constitutionnelle.
En appelant le Président à se déclarer dès maintenant, le MCDDI veut devancer le tempo institutionnel. Ce signal précoce vise à mobiliser ses bases rurales et urbaines, à roder les comités de campagne et à sécuriser les ressources matérielles avant la haute saison politique.
Le point juridique
La Constitution de 2015 fixe un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable deux fois. Élu en 2021, Denis Sassou Nguesso demeure éligible pour 2026. La procédure exige qu’un candidat produise un dossier comprenant parrainages d’élus, déclaration de patrimoine et caution de 25 millions de francs CFA.
Le MCDDI a annoncé l’ouverture d’une quête pour couvrir la caution et les frais de campagne. Juristes et économistes saluent un mécanisme de financement transparent, conforme au cadre fixé par la loi de finances 2024 sur la comptabilité des partis.
Jeunesse et développement en ligne de mire
En marge de la session, les délégués ont insisté sur deux priorités : formation professionnelle et numérisation de l’économie. « La jeunesse n’est pas un slogan, c’est un chantier », a résumé Chantal Ondongo, coordinatrice du réseau féminin du parti, évoquant les incubateurs soutenus par le Fonds national d’appui à l’employabilité.
Le MCDDI veut capitaliser sur les programmes gouvernementaux existants, tels que le Plan national de développement 2022-2026, pour convaincre les primo-votants. Selon une étude locale, 60 % des électeurs de 18-35 ans placent l’emploi en tête de leurs attentes, devant même la question sécuritaire.
À retenir
En se prononçant si tôt, le MCDDI crée une dynamique qui pourrait influencer d’autres composantes de la majorité. Le parti espère entraîner un ralliement en chaîne, gage d’une campagne apaisée et lisible.
Denis Sassou Nguesso n’a pas encore réagi publiquement. Les observateurs estiment cependant que ce soutien officiel clarifie déjà l’équation politique et offre au chef de l’État un socle solide avant l’ouverture formelle du jeu électoral.
