Brazzaville a donné le ton. Réuni le 6 mai 2026 au Palais du peuple sous l’autorité de Denis Sassou N’Guesso, le premier Conseil des ministres du nouveau quinquennat a dessiné les contours d’une gouvernance placée sous le signe de l’urgence et du résultat.
Un pacte de confiance à honorer
Le chef de l’État a d’abord rappelé la signification du moment. Ce Conseil ouvre le mandat issu de l’élection des 12 et 15 mars 2026, scrutin qu’il présente comme un nouveau pacte de confiance noué avec les Congolais.
La formule employée résume sa philosophie de travail. Le peuple ayant « fait sa part » en lui accordant sa confiance, il revient désormais au président et à son gouvernement de « faire également leur part », a-t-il insisté devant les ministres réunis.
Derrière le propos, une exigence de redevabilité. L’exécutif s’engage à transformer un capital électoral en réalisations concrètes, dans un pays où les attentes sociales et infrastructurelles demeurent considérables après des années de contraintes budgétaires.
Les chantiers prioritaires du quinquennat
Le président a décliné plusieurs axes jugés non négociables. La digitalisation des administrations figure en tête, avec une priorité accordée aux régies financières, levier reconnu d’efficacité fiscale et de transparence dans la collecte des recettes publiques.
Vient ensuite la réhabilitation du Chemin de fer Congo Océan, artère historique reliant le littoral à l’intérieur. Sa remise à niveau conditionne autant la mobilité des personnes que l’écoulement des marchandises et la compétitivité logistique nationale.
Le désenclavement routier complète le tableau. Le chef de l’État a cité la réalisation du corridor 13 et des axes Ouesso-Pokola, Épéna-Impfondo et Dolisie-Ndéné, autant de tronçons stratégiques pour relier des bassins de population aujourd’hui isolés.
L’amélioration de la desserte en électricité et en eau potable ferme cette liste d’urgences. Ces services de base, dont les insuffisances pèsent sur le quotidien des ménages, sont érigés en marqueurs tangibles de l’action gouvernementale attendue.
Une task force pour accélérer
Pour éviter l’enlisement administratif, le président a instruit le Premier ministre de mettre en place une task force interministérielle. Sa mission : opérationnaliser ces chantiers sans délai et coordonner des dossiers qui débordent les frontières d’un seul ministère.
Le choix d’un dispositif transversal traduit une volonté de méthode. Il s’agit de briser les cloisonnements habituels entre départements, souvent pointés comme un frein à l’exécution des grands projets structurants au Congo-Brazzaville.
Caisse des dépôts : un nouvel outil financier
Au-delà des orientations, le Conseil a adopté deux textes. Le premier crée une Caisse des dépôts et consignations, en conformité avec le règlement CEMAC de juillet 2025 sur les comptes inactifs.
La future institution est appelée à mobiliser des ressources privées et publiques. Son objectif affiché consiste à financer des projets structurants et à réduire la fracture territoriale, en orientant l’épargne dormante vers l’investissement productif.
Congo Telecom recapitalisé avant la Bourse
Le second texte concerne l’opérateur public. Un décret entérine un apport en nature d’actifs évalués à 143,9 milliards de FCFA au profit de Congo Telecom, portant son capital social à 157,3 milliards de FCFA.
Cette opération poursuit un double but. Elle vise à résorber les pertes cumulées de l’entreprise et à préparer son introduction en bourse, signe d’une stratégie d’ouverture du capital pour un acteur jugé central dans l’économie numérique.
Brazzaville hôte des assemblées de la BAD
Enfin, le ministre Ludovic Ngatsé a présenté l’état des préparatifs des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement. L’événement se tiendra du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville et réunira quelque 3 000 participants.
Pour la capitale congolaise, ce rendez-vous représente une vitrine diplomatique et économique. Il offre une occasion de valoriser les ambitions affichées lors de ce Conseil et de nouer des partenariats au service des chantiers annoncés.
Au total, ce premier Conseil pose une feuille de route lisible. Reste l’épreuve décisive de l’exécution, qui mesurera la capacité du gouvernement de l’accélération à convertir les promesses en infrastructures et en services pour les Congolais (Journal de Brazza).
