La diplomatie économique américaine s’invite au Parlement congolais. Le 19 février à Brazzaville, le président du Sénat, Pierre Ngolo, a reçu la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis, Amanda Jacobsen. Au cœur de l’entretien : un différend minier aux ramifications géopolitiques sensibles.
Une mine de cuivre au centre des tensions
Le contentieux porte sur Soremi, la mine de cuivre de Mfouati, dans le département de la Bouenza. Deux groupes s’y opposent : l’entreprise américaine Gérald Group et la société chinoise China Gold. L’enjeu dépasse largement le seul périmètre local.
Le site n’est pas anecdotique pour l’économie minière du pays. Il produit actuellement environ vingt tonnes de cuivre et 25 000 tonnes de zinc. Des volumes qui expliquent l’intérêt soutenu des investisseurs étrangers pour cet actif de la Bouenza.
Washington revendique la propriété de Soremi
La société américaine affirme détenir la propriété exclusive de la mine. Pour étayer sa position, Gérald Group s’appuie sur des décisions de justice rendues contre China Gold. Le groupe accuse son concurrent chinois d’avoir bloqué le transfert des actions concernées.
Ce face-à-face place le Congo-Brazzaville dans une position délicate. Deux puissances économiques majeures s’y disputent un actif stratégique. La chambre haute du Parlement se trouve ainsi sollicitée pour contribuer au dénouement du dossier.
Une démarche diplomatique assumée
La représentante américaine n’a pas masqué ses attentes. « Notre première priorité est la résolution de ce problème le plus vite possible avec le gouvernement », a déclaré Amanda Jacobsen à la presse, à l’issue de la rencontre.
La sollicitation adressée à Pierre Ngolo traduit une volonté d’élargir les canaux de discussion. Au-delà de l’exécutif, c’est désormais l’institution parlementaire que Washington souhaite associer à la recherche d’une issue négociée.
Des relations bilatérales en toile de fond
L’audience ne s’est pas limitée au seul litige minier. Les deux personnalités ont également passé en revue l’état des relations entre le Congo et les États-Unis. Plusieurs secteurs d’activité ont été évoqués au fil des échanges.
Le volet économique a occupé une place centrale dans la conversation. Cette dimension confirme l’importance que Washington accorde à sa coopération avec Brazzaville, dont l’affaire Soremi constitue aujourd’hui l’un des points les plus visibles.
