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    Société

    516 jeunes évalués à Brazzaville : le déclic emploi

    De Arsène Pembe12 janvier 20266 Mins de Lecture
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    Insertion des jeunes à Brazzaville : l’étape des évaluations

    À Brazzaville, 516 jeunes arrivés au terme d’un parcours de formation passent actuellement des évaluations dans des Centres d’éducation, de formation et d’apprentissage (Cefa) et dans des ateliers. L’enjeu est concret : vérifier les acquis avant l’entrée dans la vie active.

    Cette phase, présentée comme décisive, doit baliser la transition entre apprentissage et employabilité, avec une perspective assumée d’auto-emploi. Pour les encadreurs, l’évaluation sert aussi à objectiver le niveau de compétences réellement maîtrisées, au-delà des heures de présence.

    Le PSIPJ, un dispositif soutenu par la Banque mondiale

    Le programme concerne des jeunes dits vulnérables et s’inscrit dans le Projet de Protection sociale et d’inclusion productive des jeunes (PSIPJ), soutenu par la Banque mondiale. La formation constitue l’un des volets clés du projet, avec une logique d’insertion par les métiers.

    Selon Jean-Bruno Ndilou, responsable des apprentissages au niveau du Maître d’ouvrage délégué (Maud), le volet formation est mis en œuvre par le ministère de l’Enseignement technique. Il précise que le dispositif s’appuie sur une collaboration avec le ministère des Affaires sociales, encadrée par une convention.

    Cette articulation institutionnelle vise à assurer une chaîne cohérente, de l’identification des bénéficiaires à la validation des compétences. Dans un contexte où la demande de qualification progresse, la mécanique du projet cherche à rapprocher les politiques sociales de l’offre de formation technique.

    Métiers porteurs : de l’agriculture à l’infographie

    Les filières retenues couvrent des activités directement monétisables, souvent accessibles avec un investissement initial limité. « Les jeunes ont été formés dans plusieurs filières, notamment l’agriculture, la coiffure, la cuisine, l’infographie, l’élevage porcin, le maraîchage, la pâtisserie, la restauration et la transformation des produits alimentaires », explique Jean-Bruno Ndilou.

    Ce choix reflète une orientation vers des secteurs de proximité, où la demande de services est régulière et où la création de micro-activités est envisageable. L’objectif n’est pas uniquement l’emploi salarié, mais aussi la capacité à générer un revenu autonome, au quartier comme au marché.

    Deux mois de plus pour consolider les apprentissages

    Initialement prévues sur six mois, les formations ont été prolongées de deux mois, afin de répondre à certaines difficultés de démarrage. À Brazzaville, elles se sont achevées fin décembre 2025, ouvrant la période actuelle d’évaluations, organisée sur plusieurs sites retenus comme centres d’examen.

    Le groupe évalué compte 516 jeunes, dont 397 filles et 119 garçons. La répartition, majoritairement féminine, témoigne du rôle croissant des formations pratiques dans les stratégies d’autonomisation des jeunes femmes, notamment dans les métiers de services et de transformation alimentaire.

    Centres Cefa et ateliers : une formation ancrée sur le terrain

    Les apprentissages ont été dispensés à la fois dans des espaces publics et privés, ainsi que dans des ateliers encadrés par des maîtres artisans. Parmi les lieux cités figurent le Cefa, l’école nationale des Beaux-arts Paul Kamba à Makélékélé, et le centre privé Oxygène, en complément des ateliers d’apprentissage.

    Cette combinaison de sites répond à une logique pragmatique : multiplier les plateaux techniques, s’appuyer sur des savoir-faire installés et rapprocher la formation des réalités d’exercice. Pour les jeunes, cela signifie aussi apprendre dans des environnements où les exigences du client existent déjà.

    Contrôle qualité : des jurys mixtes et des épreuves cadrées

    Les épreuves ont été conçues par les inspecteurs du ministère de l’Enseignement technique avec l’appui de l’Unité d’ingénierie de la formation professionnelle. Le cadre s’inscrit dans l’approche par compétences adoptée par le ministère, en cherchant à mesurer l’acquisition effective des gestes et méthodes.

    Dans chaque centre, un inspecteur assure la fonction de chef de jury, épaulé par un professionnel du métier et des formateurs. Dans les ateliers, les maîtres artisans participent aussi à l’évaluation, ce qui renforce la dimension opérationnelle des appréciations et la crédibilité des résultats.

    « Nous sommes dans une logique de contrôle qualité afin de garantir que les jeunes disposent des compétences nécessaires pour s’insérer durablement dans le monde du travail », souligne Jean-Bruno Ndilou, lors d’une visite au Cefa des métiers de services, à l’école nationale des Beaux-arts Paul Kamba à Makélékélé.

    Résultats encourageants : focus sur la coiffure à Makélékélé

    Sur le terrain, les évaluateurs disent observer des progrès. Au centre Case Monnereau, à Makélékélé, l’évaluatrice Mélina Célya Taïbou Maïmouna se déclare satisfaite, notamment dans la filière coiffure. « Il y a une nette amélioration », affirme-t-elle, en insistant sur la montée en maîtrise technique.

    Pour cette professionnelle, les acquis peuvent devenir un levier d’activité. « Les apprenants ont acquis des connaissances importantes qui pourront leur permettre, demain, de créer leurs propres entreprises », ajoute-t-elle. Elle appelle également à la poursuite du projet afin d’élargir le bénéfice à d’autres jeunes.

    Auto‑emploi : une “seconde chance” pour les bénéficiaires

    Du côté des jeunes, l’expérience est souvent décrite comme une opportunité de repartir sur des bases solides. Des bénéficiaires comme Elaïve Loufimpadio et Francine Amour Touarikassa voient dans ce parcours une seconde chance, et une possibilité d’accéder à une autonomie économique progressive.

    À l’échelle de Brazzaville, l’enjeu dépasse la réussite individuelle. En structurant l’évaluation et en valorisant des métiers porteurs, le PSIPJ cherche à fluidifier l’entrée sur le marché du travail et à sécuriser le passage de la formation à l’activité, avec des compétences vérifiées.

    Le point éco : compétences validées, insertion facilitée

    Sur le plan économique, la validation des compétences agit comme un signal pour les employeurs, les clients et les partenaires potentiels. Elle réduit l’incertitude sur le niveau réel des jeunes formés, un point décisif dans les métiers où la qualité de service conditionne la fidélisation et le revenu.

    La palette des filières, de l’agriculture urbaine à la restauration, vise aussi des segments capables d’absorber rapidement des initiatives. En rapprochant formation, certification et pratique, le dispositif entend convertir l’effort public et l’appui des partenaires en trajectoires professionnelles durables.

    À retenir : 516 jeunes au seuil du marché du travail

    À Brazzaville, 516 jeunes, dont 397 filles, passent des évaluations après une formation prolongée à huit mois. Le programme est adossé au PSIPJ, soutenu par la Banque mondiale, et mobilise plusieurs sites, du Cefa aux ateliers de maîtres artisans.

    Les jurys associent inspecteurs, professionnels et formateurs, dans une approche par compétences. Les premiers retours de terrain, notamment à Makélékélé, font état d’améliorations jugées encourageantes, avec une ambition partagée : faciliter l’emploi et l’auto‑emploi.

    Banque mondiale CHU Brazzaville Formation professionnelle Insertion des jeunes Psipj
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