Une concertation pour préparer le scrutin de mars
Du 16 au 18 février, Djambala a accueilli, dans le département des Plateaux, une concertation politique réunissant deux cents participants. Au menu : la gouvernance électorale et le découpage administratif, deux chantiers jugés sensibles à l’approche de la présidentielle du 15 mars en République du Congo.
Pour les organisateurs, l’enjeu était de transformer le dialogue en mesures applicables. Le résultat se veut concret : un ensemble de recommandations censées clarifier les règles du jeu avant l’échéance, plutôt que d’ajouter une déclaration d’intention de plus au débat national.
Onze recommandations pour encadrer le vote
Les participants ont adopté onze recommandations. Six étaient héritées de la concertation d’Owando, en 2021. La plupart ont déjà été exécutées, une seule restant en cours de réalisation. Cette continuité traduit la volonté d’évaluer les engagements anciens avant d’en formuler de nouveaux.
Cinq mesures inédites complètent le dispositif. Elles visent la révision du cadre légal du découpage administratif, la poursuite du processus de découpage et la revisitation des textes instituant le comité technique d’évaluation de la décentralisation, pierre angulaire de la réforme territoriale.
D’autres recommandations ciblent directement le déroulement du scrutin. Les acteurs réclament l’application stricte de la loi électorale au nom de la transparence, l’introduction de la biométrie électorale, le plafonnement du financement des campagnes et la réduction des taux de cautionnement exigés des candidats.
Les zones de friction avec le gouvernement
Au-delà des mesures adoptées, acteurs politiques et représentants de la société civile ont exposé plusieurs préoccupations au gouvernement. Ils plaident pour des mandats limités au sein de la Commission électorale nationale indépendante, gage, selon eux, d’un renouvellement régulier de l’institution chargée d’organiser les élections.
La présence des délégués des candidats figure aussi parmi les demandes. Les participants souhaitent renforcer leur représentation dans toutes les instances de compilation des résultats, étape souvent décisive et fréquemment contestée lors des consultations électorales précédentes dans le pays.
Enfin, plusieurs requêtes touchent à l’architecture même du droit électoral. Les acteurs demandent la rédaction d’une nouvelle loi électorale, l’organisation du vote en jours ouvrables plutôt que le dimanche et l’assouplissement des conditions d’implantation des partis dans les départements.
Un premier jalon avant l’échéance
Présentées comme le premier résultat tangible de ce dialogue, ces recommandations dessinent une feuille de route. Reste à savoir lesquelles seront traduites dans les textes avant le 15 mars, et lesquelles rejoindront la liste des intentions encore en attente d’application.
