Un calendrier structuré pour l’année 2025-2026
La publication du calendrier scolaire 2025-2026, signée le 1er septembre par le ministre Jean Luc Mouthou, fournit aux communautés éducatives une feuille de route minutieuse. Organisée en quatre étapes, la planification vise à garantir une reprise harmonieuse sur tout le territoire congolais.
Alors que les familles finalisent leurs préparatifs, le ministère rappelle que le respect du temps scolaire constitue un paramètre stratégique de la réussite collective. « La maîtrise du calendrier est la première ressource pédagogique », a souligné Jean Luc Mouthou lors de la conférence de presse (ACI).
Les enjeux de la rentrée administrative
Prévue du 17 au 30 septembre, la rentrée administrative mobilisera chefs d’établissement, gestionnaires et corps d’inspection. La période sera consacrée à l’accueil du personnel, aux passations de service et à l’actualisation des données de scolarité dans le système national d’information.
Les rectorats anticipent également la mise en place de dispositifs de remédiation pour les établissements confrontés à des déficits d’effectifs. L’objectif est d’éviter les ruptures pédagogiques constatées dans certaines zones rurales, tout en optimisant la mobilité des enseignants titulaires.
Selon des cadres du ministère, le nouveau logiciel de gestion RH doit permettre une affectation en temps réel, réduisant les délais d’information entre Brazzaville et les départements périphériques. Cette innovation, fruit d’un partenariat public-privé, sera testée dès la seconde quinzaine de septembre.
Priorité à la préparation pédagogique
La fenêtre du 24 au 30 septembre est dédiée à la rentrée pédagogique. Les équipes de maîtrise définiront les progressions annuelles, valideront les supports didactiques et procéderont à la répartition des charges horaires afin d’assurer une couverture disciplinaire équilibrée.
Les inspecteurs disciplinaires insisteront sur l’intégration des compétences numériques dans les plans de cours. Cette orientation répond aux conclusions des Assises nationales de l’éducation de 2024, qui préconisaient une place accrue pour l’apprentissage en ligne et les ressources libres.
Dans la même période, les établissements afficheront les listes nominatives des élèves et les emplois du temps définitifs. Cette transparence précoce est censée diminuer les flux d’affluence aux portails le 1er octobre et fluidifier l’accès des parents aux informations clés.
Adapter les établissements aux défis sanitaires
L’expérience de la pandémie a renforcé les exigences sanitaires. Les chefs d’établissement devront présenter un calendrier de salubrité avec des plages de désinfection hebdomadaire et un plan de gestion des flux aux récréations, validé par les services de santé scolaire.
Le ministère encourage la création de clubs d’hygiène gérés par les élèves eux-mêmes, stratégie déjà expérimentée à Owando avec des résultats jugés prometteurs. Elle consolide l’idée d’une éducation à la citoyenneté sanitaire, intégrée au parcours de formation civique.
Formation continue et numérique éducatif
Pour la première fois, la rentrée andragogique du 14 octobre sera précédée d’un module en ligne sur la plateforme nationale e-learning. Les enseignants y actualiseront leurs compétences en évaluation par compétences et en usage des tablettes distribuées depuis 2023.
Le directeur du Centre national de formation, Bienvenu Ibata, précise que « l’accompagnement numérique s’inscrit dans la stratégie Congo Digital 2025 », dont l’éducation constitue un pilier majeur. Le module sera accessible hors connexion, une réponse aux contraintes de connectivité intérieure.
Dialogue social et implication des partenaires
Durant la phase pédagogique, les chefs d’établissement tiendront une assemblée générale avec les représentants des parents, syndicats et ONG partenaires. L’objectif est de calibrer un pacte de responsabilité partagé, centré sur la lutte contre l’absentéisme et le décrochage.
Plusieurs organisations, à l’instar de la Fédération des parents d’élèves, proposent la mise en place de cellules d’écoute dans chaque lycée. L’idée, soutenue par le ministère, est de renforcer le suivi psycho-social, particulièrement dans les zones urbaines à forte densité.
Les partenaires techniques, tels l’UNICEF et la Banque mondiale, maintiennent leur appui aux cantines et aux kits scolaires subventionnés. Jean Luc Mouthou souligne que ces leviers relèvent « d’une justice éducative indispensable à la paix sociale », un argument bien accueilli par les élus locaux.
Perspectives pour une école inclusive
Au-delà de la rentrée, le ministère projette l’ouverture de dix classes pilotes pour élèves à besoins spécifiques dans les villes de Dolisie et Oyo. Ces unités devraient bénéficier d’éducateurs spécialisés formés en partenariat avec l’université Marien-Ngouabi.
Une cellule interministérielle étudie par ailleurs l’actualisation du décret de 2013 sur l’inclusion scolaire afin d’y intégrer le handicap mental léger. Les premiers amendements pourraient être transmis au Parlement lors de la prochaine session ordinaire, selon une source proche du dossier.
En dotant l’école congolaise d’un calendrier prévisible et d’orientations claires, le gouvernement souhaite consolider une dynamique de progrès mesurable. Le 1er octobre ne sera qu’un point de départ ; la réussite dépendra de la capacité collective à respecter ces jalons tout au long de l’année.
Les observateurs saluent déjà ce pilotage serré, y voyant une traduction concrète des orientations du Plan national de développement 2022-2026. Pour eux, la consolidation des apprentissages passe d’abord par une gouvernance de proximité, capable d’articuler exigences nationales et réalités locales sur le terrain éducatif quotidien.
Le calendrier, désormais disponible dans les académies, servira également de référence aux partenaires internationaux investis dans le suivi des objectifs de développement durable. Ils pourront aligner leurs interventions logistiques ou financières en amont, réduisant les chevauchements et maximisant l’efficacité budgétaire.
