Brazzaville, 3 novembre : l’appel
Autour d’une table au siège du Conseil consultatif de la société civile, la voix de Marie Claire Abogue Ndong a résonné comme une invitation à l’action. Le 3 novembre, la vice-présidente de la FOFE-AC a demandé un appui institutionnel concret.
Face à elle, Germain Cephas Ewangui, secrétaire permanent de l’organe consultatif, a prêté une oreille attentive aux projets d’autonomisation féminine portés par la fédération régionale, consciente du rôle clé que peut jouer le Congo-Brazzaville dans la dynamique continentale.
Un plaidoyer depuis Brazzaville
« Nous sommes des femmes entrepreneurs. Et dans nos États, nous nous sommes organisées en association », a expliqué la responsable, rappelant que la FOFE-AC fédère plusieurs organisations nationales engagées dans la transformation économique et sociale de leurs territoires.
Pour la délégation, obtenir l’aval d’un acteur reconnu de la société civile congolaise constitue un gage de crédibilité, tant auprès des décideurs publics que des partenaires privés appelés à soutenir financièrement la montée en puissance des cheffes d’entreprise.
La FOFE-AC, une réponse à la ZLECAF
Née à la suite de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine, la FOFE-AC assume d’emblée sa vocation offensive : faciliter l’accès des PME dirigées par des femmes au grand marché panafricain et aux chaînes de valeur intra-régionales.
Sa présidente, citée par sa vice-présidente, considère que « la mise en exécution » de la ZLECAF constitue « notre cheval de bataille », une expression qui résume l’état d’esprit conquérant régnant dans les rangs de ces entrepreneures.
Le rôle attendu du Conseil consultatif
En s’adressant à Germain Cephas Ewangui, la délégation cherche bien plus qu’un simple quitus administratif. Elle espère accéder à l’expertise du Conseil dans la gestion des entités non gouvernementales pour renforcer ses procédures internes et consolider sa transparence.
« Cette organisation a besoin de s’inspirer, de se ressourcer et de se renforcer », a souligné Marie Claire Abogue Ndong, mentionnant la réputation d’accompagnement dont jouit l’institution congolaise auprès des organisations de la société civile de la sous-région.
Femmes entrepreneures et marché continental
L’enjeu pour la FOFE-AC est double : accroître la visibilité de ses membres et garantir leur acceptation par les institutions économiques, nationales comme régionales, souvent jugées difficiles d’accès pour les petites structures à leadership féminin.
Dans cet esprit, la vice-présidente plaide pour la création de passerelles entre les associations nationales déjà structurées et les programmes publics de facilitation du commerce, afin de transformer la volonté politique en réussites entrepreneuriales tangibles.
Plusieurs dossiers sont déjà sur la table : formations à l’export, agrégation logistique et accès au financement. Leur concrétisation, estime-t-elle, ferait des femmes d’Afrique centrale des championnes naturelles de l’intégration économique.
Une dynamique régionale CEMAC
La FOFE-AC veut que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale joue un rôle visible au sein de la ZLECAF. Pour elle, la sous-région dispose d’atouts industriels et agricoles susceptibles d’alimenter la demande continentale croissante.
En mobilisant les réseaux féminins, le projet ambitionne de créer un écosystème de production complémentaire, capable de présenter une offre cohérente à l’échelle de la CEMAC, assortie de normes de qualité harmonisées et de stratégies logistiques mutualisées.
À retenir
L’appui sollicité au Conseil consultatif incarne la recherche d’un effet de levier institutionnel ; la FOFE-AC se positionne comme actrice de la ZLECAF ; l’autonomisation des femmes est présentée comme un vecteur de croissance durable pour le Congo et la sous-région.
Le point économique
Si les projets défendus aboutissent, les entreprises dirigées par des femmes pourraient gagner en compétitivité grâce à l’accès au marché continental élargi offert par la ZLECAF, tout en consolidant la base productive locale.
À moyen terme, le renforcement des associations féminines est également perçu comme un moyen de formaliser les échanges transfrontaliers informels, source de pertes fiscales et de vulnérabilités pour les entrepreneures.
Perspectives
L’entretien du 3 novembre n’a pas débouché sur un accord formel, mais les parties ont convenu de constituer un groupe de travail afin de préciser un calendrier et des indicateurs de succès pour les initiatives prioritaires.
Pour Marie Claire Abogue Ndong, l’heure est désormais « à la conquête du grand marché continental », avec l’idée qu’une voix unie des femmes entrepreneures d’Afrique centrale saura transformer un potentiel juridique en transparence commerciale et en prospérité partagée.
De son côté, Germain Cephas Ewangui assure que le Conseil consultatif demeure « prédisposé à accompagner toute initiative citoyenne alignée sur les priorités nationales ». Un audit préalable des capacités de la fédération devrait permettre de calibrer l’appui technique futur.
L’examen portera, entre autres, sur la gouvernance interne, la maîtrise des procédures de passation de marchés et la capacité à élaborer des plans d’affaires bancables. Il s’agit de s’assurer que les futures subventions génèrent bien un effet multiplicateur, insiste l’entourage du secrétaire permanent.
À plus long terme, la FOFE-AC ambitionne d’organiser à Brazzaville un forum sous-régional rassemblant institutions publiques, banques et investisseurs privés. L’événement, encore à l’état d’idée, serait l’occasion de présenter les premiers résultats du partenariat en gestation.
Un rendez-vous décisif.
