Tirage historique pour l’Afrique
Le tirage au sort de la Coupe du monde 2026, organisé dans la nuit du 5 décembre à Washington, a offert aux sélections africaines des affiches de haute tenue. Le Sénégal, le Maroc ou encore la Côte d’Ivoire croiseront des favoris historiques.
Pour les supporters congolais, qui suivront la compétition depuis Brazzaville, le tirage nourrit à la fois l’enthousiasme panafricain et la curiosité tactique. Les affiches contre la France, le Brésil ou l’Allemagne seront autant de baromètres du progrès footballistique continental.
Des groupes au parfum de légende
Le tirage a placé cinq représentants africains – Sénégal, Maroc, Côte d’Ivoire, Algérie, Ghana – ainsi que le Cap-Vert, surprise des qualifications, dans des groupes dominés par des anciens vainqueurs de Coupe du monde. Les observateurs y voient une opportunité plutôt qu’un piège.
« Affronter les meilleurs stimule notre marge de progression », explique l’analyste camerounais Roger Milla, invité sur Télé Congo. Selon lui, la réforme à 48 équipes avantage les nations ambitieuses capables de surprendre lors d’un match couperet.
Le défi sénégalais face aux Bleus
Vingt-quatre ans après l’exploit de Séoul, le Sénégal recroise la route de la France. Entre-temps, les Lions de la Teranga ont gagné la CAN 2022 et exporté leurs talents en Premier League. L’objectif affiché par Aliou Cissé est clair : viser la première place.
Les Bleus, en reconstruction après le départ annoncé de Didier Deschamps, s’appuieront sur Kylian Mbappé et une génération renouvelée. L’ajout d’un barragiste intercontinental dans le groupe complique la lecture, mais offre un possible duel tactique supplémentaire.
Le Maroc veut confirmer en Amérique
Demi-finaliste surprise en 2022, le Maroc assume désormais un statut d’équipe à craindre. Placés avec le Brésil, les Lions de l’Atlas promettent une affiche de prestige sur la côte est des États-Unis. Le sélectionneur Walid Regragui parle d’un « choc de styles ».
Le groupe C, complété par l’Écosse et Haïti, paraît accessible sur le papier. Pourtant, les dirigeants de la Fédération royale marocaine rappellent qu’aucune nation sud-américaine n’a jamais perdu de match de poule face à un adversaire africain en sol américain.
Côte d’Ivoire et Algérie, ambitions assumées
Fraîchement sacrés à la CAN 2024 organisée à Abidjan, les Éléphants veulent capitaliser sur leur dynamique. L’Allemagne, triple championne du monde, servira de test majeur. L’équilibre offensif trouvé par le coach Emerse Faé sera déterminant face au pressing allemand.
L’Algérie, pour sa part, tentera de surfer sur la grinta de Riyad Mahrez et la rigueur tactique de Djamel Belmadi. Placée avec l’Argentine tenante du titre, elle se souvient de la victoire de 1990 à Alger en amical, souvent brandie comme source d’inspiration.
Ghana et Cap-Vert, outsiders déterminés
Le Ghana hérite d’un groupe J relevé où figurent Angleterre et Croatie, finalistes et demi-finalistes 2018. Les Black Stars, soutenus par une diaspora puissante aux États-Unis, comptent sur Mohammed Kudus, révélation de West Ham, pour dynamiter les défenses européennes.
Plus au sud de l’Atlantique, le Cap-Vert découvre la phase finale mondiale. Le sélectionneur Pedro Leitão Bento insiste sur « l’état d’esprit insulaire » forgé dans la lutte. Face à l’Espagne et à l’Uruguay, l’objectif demeure le premier point, voire mieux.
Un impact attendu dans la zone CEMAC
Dans la sous-région CEMAC, l’engouement est palpable malgré l’absence du Congo-Brazzaville au tournoi. Les retransmissions en clair, négociées par la télévision publique, devraient réunir des audiences record. Les bars sportifs de Pointe-Noire annoncent déjà des réservations pour les grands soirs.
Le ministère congolais des Sports table sur des retombées économiques indirectes, notamment via la consommation de services numériques. « Chaque match du Sénégal ou du Maroc crée un pic de data », observe un responsable de l’Agence de régulation des postes et communications électroniques.
À retenir
À retenir : jamais six sélections africaines n’avaient affronté autant d’anciens champions du monde dès la phase de groupes. L’expérience européenne de la plupart des cadres devrait aider à franchir ce palier psychologique, clé pour éviter un départ raté.
Le tirage rappelle aussi la densité croissante du football mondial : Curaçao, Ouzbékistan ou Panama symbolisent l’émergence de nouvelles écoles. Cette pluralité offre à l’Afrique des repères tactiques variés, indispensables avant le passage éventuel à 54 équipes en 2030.
Le point économique du Mondial 2026
La FIFA prévoit des recettes commerciales supérieures à 11 milliards de dollars, soit une hausse de 45 % par rapport à Qatar 2022. Les droits télévisés nord-américains, renégociés à la hausse, expliquent l’essentiel de cette progression, tout comme l’élargissement du format.
Pour les fédérations africaines, chaque point engrangé peut valoir plusieurs centaines de milliers de dollars en primes de classement. Le président de la CAF Patrice Motsepe encourage ainsi les gouvernements à soutenir la préparation, soulignant les retombées touristiques pour les diasporas.
Cap sur 2030 pour le Congo
À Brazzaville, la Fédération congolaise se projette déjà sur la campagne de 2030. Les infrastructures du stade de Kintélé, rénové pour les Jeux africains, devraient bientôt accueillir un programme de détection régionale, destiné à combler le fossé avec les cadors du continent.
