PCT en ordre de marche à Pointe-Noire
La fédération du Parti congolais du travail de Pointe-Noire a tenu, les 6 et 7 décembre, un congrès fédéral dense qui sonne comme un prélude stratégique au 6e congrès national attendu à Brazzaville à la fin du mois.
Sous la houlette d’Anatole Collinet Makosso, chef de la délégation nationale, les 150 délégués ont revisité résolutions et priorités, avec un objectif assumé : consolider le leadership du PCT dans le premier bassin économique du pays et préparer sereinement l’échéance présidentielle de 2026.
Une mobilisation fédérale inédite
Les travées de la grande salle municipale affichaient complet, signe que le parti, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, conserve des racines profondes dans la cité océane. Banderoles, ateliers thématiques et débats nocturnes ont rythmé ces trente-six heures de huis clos militant.
Pour Anatole Collinet Makosso, « la vitalité observée prouve que le PCT a conquis l’espace politique de Pointe-Noire et s’y impose comme force motrice », a-t-il déclaré, saluant la proportion inédite de jeunes et de femmes parmi les congressistes.
Cette dynamique trouve un écho dans les quartiers périphériques, où les cellules locales ont multiplié distributions de vivres et séances d’alphabétisation depuis septembre. Autant d’initiatives qui, selon les observateurs, expliquent la mobilisation record enregistrée durant le congrès fédéral.
Sur les réseaux sociaux, le mot-dièse #PCT2426 a cumulé plus de 50 000 interactions locales en 48 heures. Une première pour une réunion fédérale, preuve que la communication digitale du parti atteint désormais publics jeunes et diaspora, selon les analystes.
Les enjeux de 2026 au cœur des débats
Au centre des discussions s’est invitée la présidentielle de mars 2026. Les délégués ont adopté, à l’unanimité, une recommandation d’investiture du président du comité central, Denis Sassou Nguesso, afin de « préserver la stabilité et poursuivre les programmes de développement ».
Le texte rappelle la priorité donnée à la relance industrielle, à l’emploi des jeunes et à la modernisation des infrastructures. « La prochaine bataille électorale se gagnera sur le terrain des résultats palpables », résume un cadre pétrolier membre de la commission économique.
La fédération souhaite également reconduire Denis Sassou Nguesso à la tête du comité central lors du congrès de Brazzaville. Une motion de soutien a été lue, assortie d’un vibrant hommage au secrétaire général Pierre Moussa pour sa « maîtrise des équilibres internes ».
Gouvernance interne et renouvellement des cadres
Au-delà des figures nationales, le congrès a planché sur les mécanismes de gouvernance fédérale : rotation des responsabilités, formation des secrétaires de section et renforcement de la discipline financière figurent dans le rapport final remis au bureau politique.
Une minute d’applaudissements a salué l’annonce d’un programme de mentorat qui jumèlera anciens dirigeants et nouveaux adhérents. « Le transfert d’expérience doit devenir notre reflexe naturel », a insisté Makosso, rappelant que Pointe-Noire compte plus de 25 000 militants enregistrés, dont 60 % ont moins de 35 ans.
Les congressistes ont également demandé la création d’un fonds d’innovation numérique destiné à digitaliser l’ensemble des procédures internes, du recensement des adhésions au suivi des cotisations. Objectif : faire du PCT l’organisation politique la plus connectée du pays d’ici deux ans.
Pointe-Noire, laboratoire politique et économique
Ville-port à la croissance composite, Pointe-Noire représente 45 % du PIB national, grâce au mix pétrole-logistique-services. Le PCT y voit un terrain d’expérimentation pour ses politiques sociales, qu’il s’agisse de micro-crédits pour les pêcheurs ou de partenariats école-entreprise.
Les débats ont mis en lumière la nécessité d’arrimer la transition énergétique aux réalités locales. Des chercheurs de l’Université Marien-Ngouabi ont plaidé pour une valorisation du gaz et du solaire afin de réduire la dépendance aux importations de fuel pour la pêche artisanale.
Des représentants de la Chambre de commerce ont, pour leur part, encouragé une meilleure articulation entre zones industrielles et quartiers d’habitation, soulignant que « le développement urbain conditionne la paix sociale ». La fédération compte transmettre ces propositions aux ministères sectoriels concernés.
La mairie, partenaire logistique du congrès, a profité de l’événement pour lancer un sondage citoyen sur les attentes en matière de transports en commun. Les données, recueillies sur tablettes, serviront à calibrer le futur projet de bus électriques urbains.
Perspectives nationales d’ici le 6e congrès de Brazzaville
Les délégués rejoindront Brazzaville du 27 au 30 décembre, forts d’une feuille de route claire. Ils y défendront un paquet d’amendements touchant à la communication, au renforcement de la diplomatie parlementaire et à l’ancrage du parti dans la diaspora congolaise.
Pour Anatole Collinet Makosso, le rendez-vous de la capitale sera « l’instant de vérité où chaque fédération présentera ses innovations ». Le chef de la délégation nationale mise sur une saine émulation pour stimuler la compétitivité interne avant l’année pré-électorale.
Au sortir du congrès de Pointe-Noire, la base militante affiche confiance et discipline. Entre soutien loyal au président Denis Sassou Nguesso et volonté de modernisation, le PCT espère transformer sa vigueur départementale en atout national durable à l’horizon 2026.
En attendant, les sections de base prévoient des caravanes d’explication dans les marchés et les écoles pour vulgariser les résolutions prises. Les messages se déclineront en kituba, vili et lingala, afin de toucher l’ensemble des communautés urbaines.
