Une distinction stratégique pour le Congo
Brazzaville a célébré, le 18 octobre, une alliance vertueuse entre secteur privé et société civile. Lors d’une cérémonie sobre mais suivie par un public de décideurs, Airtel Congo a reçu le trophée du leadership et de la responsabilité sociale décerné par la Fondation Pro Social inter États.
Cette récompense, remise par Orcel Bayonga Mbondza, représentant résident de la FPSI, distingue les organisations dont les programmes créent des emplois pérennes et favorisent l’inclusion économique. Le jury a salué la capacité d’Airtel à transformer la connectivité en opportunités concrètes pour une jeunesse en quête d’avenir.
En brandissant le trophée, Djibril Tobe, directeur général, a rappelé que l’opérateur investit chaque année dans des cursus de codage, d’entrepreneuriat et de gestion, déjà suivis par plus de cinq mille apprenants. Leur taux d’insertion, supérieur à soixante-dix pour cent, consolide la crédibilité du modèle.
Airtel Congo, locomotive de l’emploi des jeunes
Le marché congolais des télécommunications compte près de cinq millions d’abonnés mobiles. Pour Airtel, cette base représente autant de ponts vers l’emploi. L’entreprise a converti ses agences en hubs de formation, où mentors et candidats élaborent des projets numériques adaptés aux besoins des PME locales.
Selon les données internes présentées lors de la remise du prix, plus de deux cent cinquante start-up ont vu le jour grâce au programme « Airtel Future Leaders », générant près de mille emplois directs. L’opérateur mise sur des micro-crédits pour aider ces entreprises naissantes à grandir.
« Nous voulons demeurer un incubateur de talents plutôt qu’un simple fournisseur de services », a déclaré Djibril Tobe, convaincu que la prospérité du secteur numérique passe par l’éclosion d’une main-d’œuvre locale qualifiée, capable de répondre aux défis d’une économie de plus en plus digitalisée.
L’appel de la FPSI à la responsabilité partagée
La FPSI partage cette approche partenariale. Née il y a quinze ans d’un réseau d’associations régionales, la fondation accompagne aujourd’hui une cinquantaine de projets liés à la santé, à l’éducation et à l’environnement sur l’ensemble du territoire, en étroite coordination avec les ministères concernés.
Pour Orcel Bayonga Mbondza, « chaque initiative en faveur des jeunes est un investissement dans la paix sociale ». Le représentant de la FPSI insiste sur la nécessité de multiplier les synergies public-privé afin de démultiplier l’impact des politiques d’employabilité portées par le gouvernement.
La fondation prévoit d’ailleurs de lancer, dès le premier trimestre prochain, un fonds d’innovation doté de deux milliards de francs CFA. Les entreprises désireuses d’y contribuer bénéficieront d’incitations fiscales prévues par la loi sur la responsabilité sociétale votée en 2022.
La jeunesse au cœur de l’agenda national
La stratégie nationale de l’emploi place la jeunesse au centre des priorités du président Denis Sassou Nguesso. Les programmes « Apprendre un métier » et « Objectif premier emploi » devraient former cent mille jeunes d’ici 2025, un objectif auquel la FPSI et Airtel entendent apporter un soutien methodique.
Le ministre de l’Enseignement technique, présent lors de la cérémonie, a salué « un signal fort envoyé aux partenaires » avant d’encourager d’autres sociétés à suivre l’exemple. Il a rappelé que chaque point de croissance supplémentaire dépend désormais de la capacité à mobiliser le capital humain.
Dans les travées, plusieurs lauréats des promotions précédentes ont témoigné. Certains travaillent aujourd’hui chez des opérateurs sous-traitants, d’autres ont lancé leurs propres ateliers de maintenance télécom, créant à leur tour des emplois. Le trophée, selon eux, sert de catalyseur de confiance auprès des bailleurs.
Vers un impact durable et mesurable
Au-delà de la symbolique, Airtel entend mesurer l’impact de ses programmes. Un accord avec l’Université Marien-Ngouabi prévoit la création d’un observatoire de l’insertion pour suivre, sur cinq ans, la trajectoire professionnelle de chaque bénéficiaire et ajuster les contenus pédagogiques en conséquence.
La société compte également renforcer son volet environnemental, en raccordant ses nouveaux centres de formation à des mini-grids solaires. Objectif annoncé : réduire de 30 % l’empreinte carbone de l’initiative d’ici 2026, tout en abaissant les coûts opérationnels affectés aux bourses d’étude.
Pour la FPSI, ces ambitions cadrent avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui promeut un développement inclusif et durable. La fondation espère que le modèle Airtel inspirera d’autres filiales du groupe Bharti sur le continent et contribuera à l’émergence d’écosystèmes régionaux.
« Nous travaillons déjà avec des partenaires du Cameroun et du Gabon pour mutualiser les plateformes d’apprentissage en ligne », assure Orcel Bayonga Mbondza, convaincu que la coopération sous-régionale abaissera les coûts de formation et accélérera la standardisation des compétences numériques.
Le prochain rapport annuel de la FPSI inclura un tableau de bord complet de ces actions, assorti d’indicateurs de genre, d’inclusion rurale et de durabilité. Les responsables entendent ainsi objectiver les avancées et orienter, si besoin, de nouveaux partenariats vers les zones moins desservies.
En quittant la salle, participants et officiels s’accordaient sur un point : la réussite économique du Congo se construira main dans la main avec sa jeunesse. Le trophée octroyé à Airtel confirme que la dynamique est enclenchée, et qu’elle ne demande qu’à être amplifiée.
