Un nouvel élan pour la santé de Bacongo
Longtemps attendu par les habitants du deuxième arrondissement de Brazzaville, le Comité de gestion du District sanitaire de Bacongo a tenu, le 2 décembre 2025, sa réunion inaugurale dans la salle de mariage de la mairie. L’évènement marque une étape cruciale pour la gouvernance locale de la santé.
Autour du secrétaire général de la mairie, Cyr Euloge Bambagha, représentant l’administrateur-maire Bernard Batantou, médecins, opérateurs économiques, confessions religieuses et représentants de quartiers ont salué la création d’un cadre stable de concertation. « L’immensité de la tâche exige disponibilité et rigueur », a rappelé le secrétaire général en ouverture.
Le décret de 2020 enfin appliqué
Le décret 2020-551 du 15 octobre 2020 détaillait déjà les attributions des organes de district sanitaire, sans toutefois trouver jusqu’ici de traduction concrète à Bacongo. Sa lecture intégrale, durant la séance, a permis de préciser missions, organisation et fréquence des réunions.
Selon ce texte, le comité doit planifier l’offre de soins, contrôler l’usage des ressources et veiller à l’équité d’accès. Pour le Dr Albert Mabiala, médecin-chef du district, « l’application de ce cadre normatif offre une lisibilité indispensable aux partenaires techniques et financiers ».
Composition pluraliste du comité
Seize membres siègent désormais, reflétant la diversité des parties prenantes. Outre l’administrateur-maire, le bureau comprend un secrétaire et un rapporteur, fonctions dévolues respectivement au directeur de l’hôpital de référence et au médecin-chef du district.
Douze autres membres ont été élus parmi l’hôpital, les centres de santé intégrés, les structures privées, la société civile, les confessions religieuses et les partenaires de développement. Cette ouverture doit, de l’avis de plusieurs intervenants, « garantir une prise de décision collégiale et transparente ».
Un canevas de travail déjà tracé
Un plan d’action pluriannuel, présenté par le secrétariat permanent, prévoit prioritairement l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement en médicaments, la rénovation de deux centres intégrés et la formation continue du personnel infirmier.
La première séance opérationnelle, initialement espérée en juin dernier, est programmée pour avril 2026, date à confirmer. D’ici là, des groupes thématiques doivent affiner les indicateurs de performance et évaluer les besoins budgétaires pour 2026-2027.
Quels défis pour le district sanitaire ?
Le district couvre plus de 180 000 habitants, un bassin démographique en expansion qui accentue la pression sur les structures existantes. Les épidémies saisonnières de paludisme et de fièvre typhoïde, récurrentes dans la zone, nécessitent une vigilance renforcée.
Autre enjeu majeur : la santé maternelle. Les trois quarts des accouchements se font encore à domicile, selon les chiffres du Programme élargi de vaccination. Le comité veut promouvoir les consultations prénatales et relancer les campagnes communautaires de sensibilisation.
Vision municipale et alignement national
Le plan municipal s’inscrit dans la stratégie sanitaire nationale, qui vise l’universalité des soins essentiels à l’horizon 2030. « Nos objectifs locaux correspondent aux priorités définies par le ministère de la Santé, notamment la disponibilité des vaccins et la riposte rapide aux urgences », a souligné le Dr Mabiala.
Le directeur de l’hôpital de référence, Dr Tanguy Fouemina, mise sur des partenariats public-privé pour renforcer l’imagerie médicale et la télémédecine. Des pourparlers avec des opérateurs nationaux du numérique sont déjà engagés pour connecter six centres de santé.
Points clés à retenir
Le district dispose désormais d’un organe de pilotage unique, doté d’une légitimité élective et d’une feuille de route. Les membres conviendront chaque semestre d’un rapport public afin d’impliquer la population et rendre compte des progrès comme des difficultés rencontrées.
Le point éco et social
Le budget prévisionnel 2026, estimé à 480 millions de francs CFA, sera financé par la mairie, l’État, la contribution communautaire et l’appui de bailleurs tels que l’OMS et l’Unicef. Une part de 35 % est réservée aux programmes de santé primaire.
Sur le plan social, la création annoncée d’une fédération des Comités de santé (Cosa) vise à mieux articuler plaidoyer citoyen et décisions sanitaires. Les quartiers Massengo, Sainte-Trinité et Ngamakosso piloteront la phase test dès le premier semestre 2026.
Perspectives immédiates
Afin de sécuriser les approvisionnements, un inventaire exhaustif des stocks de médicaments commencera en janvier 2026. Les responsables comptent mettre en service un logiciel de gestion pour réduire les ruptures, souvent pointées par les associations de patients.
En clôture de la séance, Cyr Euloge Bambagha a appelé chaque membre à « transformer les attentes en résultats tangibles ». Le rendez-vous d’avril 2026, premier grand test du comité, sera scruté par les habitants de Bacongo et les partenaires sanitaires.
