Un chantier vitrine de la RSE pétrolière
Devant une foule d’élèves, d’enseignants et de riverains, le président Denis Sassou Nguesso a inauguré le complexe scolaire de la Liberté, entièrement reconstruit dans le sixième arrondissement de Brazzaville. L’ouvrage, porté par la SNPC, incarne la responsabilité sociétale de l’entreprise pétrolière nationale.
Pour Maixent Raoul Ominga, directeur général de la SNPC, le projet répond à la « vision présidentielle » qui place le développement du capital humain au cœur de la relance nationale. La modernisation du CEG historique s’affiche ainsi comme une priorité d’intérêt général.
Cap sur Bacongo et Makélékélé
À peine les rubans coupés, le dirigeant pétrolier a annoncé la construction imminente de structures identiques dans les arrondissements de Bacongo et Makélékélé. Les appels d’offres seront lancés « dans les prochains jours », en étroite coordination avec les autorités locales concernées.
Le triptyque Talangaï-Bacongo-Makélékélé formera un réseau scolaire public de nouvelle génération, capable d’accueillir plus de trente mille élèves au total. En réduisant la pression démographique sur les anciens lycées, l’initiative devrait fluidifier les flux d’inscriptions dès la rentrée prochaine.
Une capacité d’accueil record
Édifié sur trois hectares, le complexe de la Liberté aligne vingt-quatre bâtiments, dont douze en R+1. Ses 85 salles de classe, ses deux postes de sécurité et ses quatorze logements de fonction reflètent une approche intégrée où apprentissage, encadrement et protection cohabitent harmonieusement.
Deux écoles préscolaires, six primaires, deux collèges et un lycée moderne composent l’ensemble. La première cohorte de classes de seconde y a déjà fait sa rentrée. Les infrastructures sportives flambant neuves doivent promouvoir l’esprit d’équipe et la santé des adolescents du quartier.
Partenariat public-privé éclairé
Au-delà du financement pétrolier, les ministères en charge de l’Éducation ont mobilisé leurs techniciens pour assurer le respect des normes pédagogiques et environnementales. Les PME congolaises du BTP, associées à plusieurs cabinets d’architectes, ont profité d’une commande créatrice d’emplois qualifiés.
Privat Frédéric Ndeké, administrateur-maire de Talangaï, a promis une gestion rigoureuse, rappelant que « chaque infrastructure inaugurée est une source de dignité ». L’élu veut instituer un comité mixte élèves-parents-enseignants pour suivre l’entretien des lieux et prévenir les dégradations précoces.
Pour Denis Sassou Nguesso, l’enjeu dépasse l’école: il s’agit de réhabiliter le sens civique. Interpellant certaines incivilités dans l’usage des biens publics, le chef de l’État a insisté sur la formation citoyenne des adultes, indispensable à la pérennité des investissements collectifs.
Éducation citoyenne, défi transversal
Les enseignants, qualifiés d’« artisans de l’ambition nationale » par Maixent Raoul Ominga, reçoivent un appel à transmettre avec passion savoir et valeurs républicaines. Les parents sont invités à faire front commun pour que l’établissement reste un prolongement naturel de l’éducation familiale.
Dans la cour, de jeunes bénévoles d’associations locales ont déjà commencé des ateliers sur l’hygiène et la préservation du mobilier. Cette animation précoce illustre la volonté collective de forger, dès l’ouverture, une culture responsable partagée par tous les usagers.
À retenir
Liberté, Bacongo et Makélékélé formeront la première dorsale éducative née d’un partenariat État-SNPC. Les trois sites pourront accueillir ensemble une population équivalente à celle d’une petite ville, tout en intégrant surveillance, sport, logement et services de sécurité de proximité.
L’opération confirme la montée en puissance de la responsabilité sociétale dans le secteur des hydrocarbures congolais. Elle traduit également la volonté présidentielle de déconcentrer l’offre éducative, condition nécessaire à l’égalité des chances et à la cohésion nationale durable.
Le point éco
Le coût global du programme n’a pas été rendu public, mais les experts du cabinet KPMG Brazzaville estiment qu’un lycée de ce type nécessite environ dix milliards de francs CFA. L’investissement est considéré comme porteur, compte tenu des externalités positives attendues.
Selon le ministère de l’Économie, chaque franc investi dans l’éducation génère, à long terme, jusqu’à trois francs de PIB additionnel, grâce à l’amélioration de la productivité. Les marchés locaux de fournitures scolaires et de services de cantine devraient également profiter de l’effet d’entraînement.
La SNPC prévoit d’intégrer un volet formation professionnelle à ses chantiers. Les jeunes diplômés en génie civil, électricité ou plomberie participeront aux travaux, accédant ainsi à une première expérience rémunérée. Cette clause sociale renforce l’impact économique direct du projet sur la jeunesse.
D’ici 2025, le pétrolier national envisage d’appliquer le même modèle aux chefs-lieux départementaux du Kouilou et de la Cuvette. La démarche s’inscrit dans le Plan national de développement 2022-2026, qui fait de l’éducation une priorité transversale soutenue par des partenariats public-privé.
Un fonds de maintenance participative sera alimenté par une quotité des recettes du secteur aval de la SNPC. Les gestionnaires espèrent sécuriser chaque année près de 300 millions de francs CFA, destinés aux petites réparations, à l’achat de manuels et à la connectivité numérique.
Avec l’arrivée prochaine de la fibre optique dans la zone nord, les classes intelligentes pourront accueillir des sessions de cours hybrides. Des universités partenaires de Kinshasa et de Dakar ont déjà manifesté leur intérêt pour dispenser, à distance, des modules de physique appliquée.
