Windhoek a refermé, le 20 février, la cinquième session de la commission mixte de coopération réunissant la République du Congo (Congo-Brazzaville) et la Namibie. Une étape discrète, mais qui en dit long sur la patience diplomatique de Brazzaville.
Deux accords pour structurer un partenariat ancien
Au terme des travaux, deux textes ont été paraphés. Le premier encadre les consultations politiques et diplomatiques entre les deux capitales. Le second engage les parties sur le terrain de l’enseignement et de la formation professionnelle.
Ces choix ne doivent rien au hasard. Ils dessinent une coopération qui cherche à dépasser les déclarations d’intention pour s’installer dans le concret : former, dialoguer, anticiper. Deux registres complémentaires, l’un institutionnel, l’autre tourné vers la jeunesse.
Sassou N’Guesso plaide pour une évaluation lucide
Denis Christel Sassou N’Guesso, ministre congolais de la Coopération internationale et de la Promotion du partenariat public-privé, a fixé le ton. Il a réclamé une évaluation objective des relations bilatérales, loin des bilans de circonstance.
Son objectif affiché : repérer de nouveaux axes d’intérêt commun. La dynamique engagée, a-t-il plaidé, doit servir pleinement les efforts de développement et le bien-être des populations congolaises comme namibiennes. Une exigence de résultats, plutôt qu’un satisfecit diplomatique.
La ZLECAF en ligne de mire
Le ministre a rappelé que Brazzaville et Windhoek ont signé puis ratifié le traité instituant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Son opérationnalisation complète est attendue pour 2030, horizon désormais structurant pour les échanges africains.
Pour Sassou N’Guesso, cette perspective doit nourrir un resserrement des liens bilatéraux. L’enjeu dépasse le seul commerce : il s’agit de favoriser la création de richesses et de reculer la pauvreté sur le continent. Une lecture continentale d’une rencontre a priori bilatérale.
Une amitié héritée des luttes de libération
Au-delà des dossiers techniques, le ministre a salué l’organisation namibienne de la session et insisté sur les relations fraternelles unissant les deux républiques depuis plusieurs années. Un registre où l’émotion politique n’est jamais loin.
Ces liens, a-t-il souligné, reflètent aussi l’amitié personnelle entre le président Denis Sassou N’Guesso et la présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah. Une proximité ancrée dans une histoire partagée, celle de la lutte pour la dignité humaine et la libération des peuples africains.
Reste, désormais, à transformer cet héritage en projets palpables. Les deux accords signés à Windhoek en posent les premiers jalons, à charge pour les administrations des deux pays d’en faire autre chose qu’une formalité de plus.
