Un virage numérique inédit dans la protection sociale
On 27 August, in Ollombo, 200 elderly households each received 40 000 CFA francs via mobile money, marking the premier versement numérique des transferts monétaires conditionnels prévus par le Projet de protection sociale et d’inclusion productive des jeunes.
« La cérémonie vise à informer l’opinion nationale et internationale du début effectif des paiements », a rappelé la ministre des Affaires sociales Irène Marie Cécile Mboukou Kimbatsa, soulignant le caractère pilote de ce dispositif soutenu par la Banque mondiale.
Il a fallu finaliser et éprouver la plateforme de paiement avant lancement. Les tests, jugés concluants, ont convaincu les techniciens que la traçabilité et la rapidité du numérique réduiraient sensiblement les risques de fraude traditionnellement associés aux circuits bancaires classiques.
Des bénéficiaires désormais bankables
En recevant l’argent sur leur téléphone, les séniors d’Ollombo entrent dans l’écosystème financier formel. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils détiennent un compte mobile, ouvrant la voie à d’autres services comme l’épargne ou l’assurance.
« Nous pensions que cet argent resterait un projet, aujourd’hui il est là », confie Albert Ngoma, 72 ans, en montrant le SMS de confirmation. Le retrait en agence Airtel Money n’a guère dépassé cinq minutes, contre plusieurs heures auparavant au guichet bancaire.
Les consignes officielles invitent à consacrer prioritairement les 40 000 FCFA aux fournitures scolaires, aux visites médicales pré et post-natales et à l’amélioration de l’alimentation infantile. Cette orientation vise à maximiser l’impact social et à générer des externalités positives dans le village.
Le rôle catalyseur de la Banque mondiale
Le Projet de protection sociale et d’inclusion productive des jeunes, lancé en 2024 avec l’appui financier de la Banque mondiale, s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de réduction de la pauvreté et d’élargissement de la couverture des populations vulnérables.
L’institution multilatérale a soutenu la conception du registre social unique, outil centralisant les données socioéconomiques. Cette base alimente un algorithme de ciblage qui, selon ses promoteurs, garantit que l’aide va bien aux ménages répondant aux critères d’extrême vulnérabilité.
Outre le financement des transferts, la Banque mondiale accompagne la formation des agents locaux, l’acquisition d’équipements et la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation destiné à mesurer les progrès et à réajuster le programme si nécessaire.
Cadre réglementaire et sécurité des paiements
La numérisation des TMC s’appuie sur le cadre réglementaire de la Banque des États de l’Afrique centrale relatif aux services financiers mobiles, qui impose une authentification des bénéficiaires et une limitation stricte des frais de transaction.
Les opérateurs Airtel Money et MTN Mobile Money utilisent une double validation par code secret et empreinte, tandis que les systèmes internes transmettent chaque mouvement vers le Trésor public, offrant une visibilité inédite aux autorités de contrôle.
Selon le commandant de brigade d’Ollombo, aucune tentative de fraude n’a été signalée durant la première journée, un indicateur encourageant pour la suite du déploiement national annoncé par le ministère.
Perspectives socioéconomiques pour la Nkeni Alima
Les 40 000 FCFA injectés chaque mois devraient stimuler l’économie locale, les petits commerces anticipant déjà une hausse de la demande en denrées de base, en matériel scolaire et en produits pharmaceutiques.
Les économistes estiment que le multiplicateur keynésien jouera pleinement si les paiements sont réguliers, offrant aux producteurs agricoles régionaux un débouché intérieur plus stable et aux familles la capacité de planifier des micro-investissements.
Pour la directrice départementale des Affaires sociales, la diminution espérée des dépenses de santé et la progression du taux de scolarisation pourraient, à moyen terme, modifier l’indicateur de pauvreté multidimensionnelle de la Nkeni Alima.
La dimension genre et inclusion
Si les personnes âgées forment le premier contingent, le registre social cible aussi les femmes chefs de ménage et les personnes handicapées vivant seules, conformément aux engagements internationaux du Congo sur l’égalité des chances.
Les activités d’accompagnement communautaire comprennent des sessions de sensibilisation sur les droits sociaux, la nutrition et la prévention des violences basées sur le genre, afin de renforcer le capital social des bénéficiaires.
Des organisations locales telles que la Plate-forme des associations féminines sont déjà impliquées dans la médiation et le suivi, gages d’une appropriation endogène du programme et d’un ancrage durable dans les dynamiques villageoises.
Un modèle duplicable dans le reste du pays
Fort de cette première expérience, le ministère envisage l’extension des paiements numériques à 10 000 ménages supplémentaires dans les départements voisins, puis à terme sur l’ensemble du territoire national.
Les partenaires techniques examinent la possibilité d’intégrer des volets de formation entrepreneuriale pour les jeunes, afin de transformer l’aide sociale en tremplin vers l’autonomie économique durable.
En mobilisant le numérique, le Congo-Brazzaville entend démontrer qu’une politique publique alliant innovation technologique et solidarité peut accélérer l’inclusion et soutenir la stabilité sociale recherchée par l’ensemble des acteurs institutionnels.
Une équipe mixte composée d’universitaires de l’Université Marien-Ngouabi et d’experts du Programme alimentaire mondial réalisera une évaluation d’impact randomisée, dont les premiers résultats attendus en 2025 orienteront la phase de généralisation et guideront les ajustements budgétaires futurs du projet.
