Victoire éclatante des Lions de l’Atlas
Sous un ciel clément de septembre, le public de Rabat a vibré pour une soirée de rêve. Les Lions de l’Atlas ont foudroyé le Niger cinq buts à zéro et validé, avec panache, leur qualification pour la Coupe du monde 2026.
Au bout de sept journées de qualifications, les Marocains totalisent dix-huit points sur dix-huit possibles. Ce carton plein illustre une constance impressionnante depuis le Mondial qatari et confirme la montée en puissance d’un effectif qui mélange expérience européenne et fraîcheur du championnat local.
Un billet historique pour 2026
Le Maroc participera à son troisième Mondial consécutif, le septième de son histoire après 1970, 1986, 1994, 1998, 2018 et 2022. Une performance que seuls quelques géants africains peuvent revendiquer, réaffirmant le statut de locomotive footballistique du royaume.
Dans les tribunes, près de quarante-cinq mille supporters ont scandé les noms des buteurs Ismael Saibari, auteur d’un doublé, Ayoub El Kaabi, Hamza Igamane et Azeddine Ounahi. Chaque réalisation a résonné comme une promesse d’avenir au-delà des frontières chérifiennes.
Le Complexe Moulay Abdallah, symbole rénové
La rencontre était la première disputée dans un stade Moulay Abdallah entièrement reconstruit. L’arène de 65 000 places, inaugurée la veille, offre une pelouse hybride de dernière génération et des espaces hospitalité répondant aux standards FIFA.
Cette remise à neuf incarne la stratégie d’infrastructures déployée par Rabat avant la CAN 2025 qu’elle accueillera. Les autorités misent sur le sport comme levier d’image, mais aussi de retombées économiques pour le secteur touristique et les PME du BTP mobilisées sur le chantier.
Regragui, architecte d’un collectif offensif
Walid Regragui a reconduit son 4-3-3 vertical. La paire Saïss-Aguerd a verrouillé l’axe, tandis que Ziyech, libre entre les lignes, a distillé quatre passes clés. « Nous voulions marquer l’histoire et prouver que le Qatar n’était pas un feu de paille », a-t-il déclaré après le match.
La profondeur d’effectif saute aux yeux : en seconde période, le sélectionneur a lancé le jeune Igamane, qui a immédiatement ouvert son compteur international. Cette gestion dosée du temps de jeu pourrait s’avérer décisive lorsque s’enchaîneront CAN et Mondial.
Enjeux pour le Groupe E et le Congo
Derrière le leader marocain, la lutte reste ouverte entre la Tanzanie, la Zambie, le Niger et le Congo. Avec dix points de retard, les Diables Rouges congolais, crédités d’une unité, devront réagir lors des trois rencontres restantes pour viser au moins la deuxième place.
La Fédération congolaise veut croire à un sursaut, misant sur le retour de cadres évoluant en Ligue 1 française et sur le soutien populaire de l’enceinte Massamba-Débat. Même hors course pour 2026, un finish solide offrirait un capital confiance avant les éliminatoires de la CAN 2027.
À retenir
Le Maroc signe une sixième victoire de rang, porté par un différentiel de quinze buts. Saibari confirme son statut de révélation, tandis que la défense n’a encaissé aucun but dans la campagne, record continental en cours.
Le stade Moulay Abdallah, entièrement modernisé, devient un atout stratégique avant la CAN. L’enceinte a fonctionné à guichets fermés, reflet d’une ferveur populaire qui s’exporte déjà via les réseaux sociaux et les chaînes de télévision africaines.
Le point sportif et économique
La qualification offre au royaume une prime FIFA estimée à plus de huit millions de dollars, somme réinvestie dans les centres de formation régionaux supervisés par la Fédération royale marocaine de football.
Sur le plan macro-économique, la perspective d’un double événement CAN-Mondial doit générer des milliers d’emplois temporaires dans l’hôtellerie, la sécurité et le transport. Rabat table sur une hausse de 12 % des arrivées touristiques entre 2024 et 2026.
Objectif CAN 2025 à domicile
Le staff ambitionne un deuxième titre continental, trente-sept ans après le sacre de 1976. Le calendrier, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, impose une préparation millimétrée pour gérer la transition vers le Mondial six mois plus tard.
Plusieurs clubs européens devraient libérer leurs internationaux plus tôt que prévu, signe de la crédibilité sportive acquise par la sélection. Les instances africaines y voient un modèle de dialogue entre ligues et fédérations.
Une dynamique porteuse pour le football africain
La trajectoire marocaine nourrit l’espoir d’un second demi-finaliste africain sur la scène mondiale, après l’exploit des Lions en 2022. Elle rappelle aussi la nécessité pour les autres sélections de renforcer infrastructures, gouvernance et détection des talents.
Au Congo, comme ailleurs, la performance marocaine est scrutée. « Elle prouve qu’avec une planification rigoureuse et un investissement soutenu, l’Afrique peut rivaliser au plus haut niveau », analyse l’ancien international Oscar Ewolo. Les prochains mois diront quel voisin saura suivre la cadence.
