Une mobilisation inédite
Face aux examens d’État 2025, la sécurité civile congolaise a aligné un dispositif sanitaire sans précédent. Durant la période juin-août, 21 627 interventions ont été comptabilisées, soit 2 650 de plus qu’en 2024, révèle le Commandement de secours.
Bilan encourageant, commente le général Albert Ngoto : « Nous avons démontré la maturité d’une couverture pré-hospitalière qui monte en puissance chaque session » (point presse du 9 octobre). Il souligne la contribution du ministère de l’Intérieur et des partenaires internationaux.
Des chiffres qui parlent
Le rapport annuel fait ressortir une hausse de 13,9 % des soins prodigués en un an, et surtout une multiplication par plus de huit par rapport à 2018. Le taux d’assistance moyenne par centre d’examen bondit de 38 à 72 cas.
Avec 730 % d’augmentation cumulée, l’indicateur dépasse les prévisions initiales. Les analystes y voient la conjonction d’une couverture géographique élargie et d’une meilleure sensibilisation des établissements à la prise en charge immédiate des candidats.
Le commandement relève aussi la stabilité du temps moyen d’évacuation, maintenu sous vingt-cinq minutes dans la capitale et quarante dans les localités rurales, critère jugé décisif pour limiter les complications.
Progression continue depuis 2018
La trajectoire débute réellement en 2018, année où 2 601 interventions furent enregistrées. En 2019, le chiffre atteint 4 172, porté par les premières unités mobiles déployées dans les lycées périphériques.
En 2020, malgré le contexte pandémique, 4 653 incidents ont été gérés. Puis 6 590 en 2021 et 11 098 en 2022. L’effet Covid-19, mêlé à la densification du réseau, a agi comme accélérateur, estiment les épidémiologistes du Centre national d’alerte.
La courbe, désormais quasi exponentielle, traduit selon eux « la confiance des communautés scolaires », lesquelles sollicitent plus volontiers les secouristes qu’auparavant, rompant un certain fatalisme face aux malaises des épreuves écrites.
Moyens humains et matériels
Pour la session 2025, 425 agents, dont 82 infirmiers diplômés d’État, se sont relayés sur les sites. Vingt-sept médecins coordonnateurs assuraient la supervision clinique et la logistique tournante.
Trente-sept véhicules – vingt-deux ambulances tout-terrain, dix jeeps de liaison et cinq motos rapides – ont parcouru près de douze mille kilomètres. La consommation déclarée s’élève à quinze mille litres de gasoil et cinq mille litres d’essence.
Le budget carburant, cofinancé par l’État et plusieurs mécènes pétroliers, représente 18 % des dépenses opérationnelles. « Il faut maintenir l’effort car secourir un candidat, c’est préserver un capital humain », rappelle un cadre de TotalEnergies Congo.
Cartographie d’une présence élargie
La couverture a concerné cinquante-six localités, contre quarante-cinq l’an passé, soit 80 % des centres d’examen nationaux. Treize des quinze départements ont bénéficié d’équipes fixes ou mobiles.
Onze localités abritent déjà les casernes de la sécurité civile. Quarante-cinq autres, dépourvues d’infrastructures permanentes, ont reçu des postes avancés temporaires. L’expérience conforte la stratégie d’essaimage progressif dans les districts enclavés.
Lecture médicale des pathologies
Les céphalées restent la pathologie reine, avec 6 422 cas. Viennent ensuite le paludisme (2 307 cas) et les douleurs abdominales (2 297 cas). Ces trois affections cumulent plus de la moitié des interventions.
À Brazzaville, 7 905 incidents ont concerné l’enseignement technique, contre 5 680 pour l’enseignement général. Les spécialistes évoquent le stress des évaluations pratiques et la promiscuité des ateliers qui favorisent fatigue et infections.
« Ces données fines nourriront notre cartographie du risque scolaire », explique la docteure Justine Makosso, responsable des urgences pré-hospitalières. Elle plaide pour un dépistage antipaludéen systématique avant les examens et une distribution préventive d’antalgiques.
Cap sur 2026
Le gouvernement entend capitaliser sur ce succès et prépare, avec l’appui de la Banque mondiale, un plan triennal visant à équiper chaque chef-lieu de département d’un centre de simulation aux gestes d’urgence.
À court terme, le commandement projette de recruter cent secouristes supplémentaires et de moderniser la flotte d’ambulances électriques. Objectif affiché : franchir la barre de 90 % de couverture territoriale dès la session 2026, tout en réduisant le temps d’intervention.
