Sept dossiers déposés avant la clôture de la DGAE
À Brazzaville, la Direction générale des affaires électorales a refermé le dépôt des candidatures le jeudi 12 février 2026, à minuit. Sept ressortissants congolais ont remis leur dossier en vue du scrutin présidentiel prévu les 12 et 15 mars.
La phase suivante revient désormais à la Cour constitutionnelle. C’est elle qui examinera chaque dossier et validera, ou non, les candidatures officielles. Une étape technique, mais décisive, qui figera la liste définitive des prétendants au fauteuil suprême.
Sassou-Nguesso, favori face à six challengers
À 83 ans, le président sortant Denis Sassou-Nguesso porte les couleurs de la majorité présidentielle. Il vise un troisième mandat consécutif, qui serait son cinquième au total depuis 2002. Une longévité qui structure, à elle seule, la lecture du scrutin.
Face à lui, six adversaires composent un champ contrasté. Du côté de l’opposition, Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou, 74 ans, du parti La Chaîne, se présente pour la cinquième fois consécutive, signe d’une persévérance devenue presque emblématique.
Anguios Nganguia-Engambé, 64 ans, candidat du PAR, brigue lui sa quatrième investiture. Mabio Mavoungou Zinga, 70 ans, ancien député, défend les couleurs du parti Alliance. À l’autre extrémité générationnelle, Melaine Destin Gavet Elongo, 35 ans, représente le Mouvement républicain.
Deux indépendants complètent le tableau : Vivien Romain Manangou, 43 ans, et Uphrem Dave Mafoula, 44 ans. Ce contraste d’âges et de trajectoires dessine une offre politique éclatée, où vétérans et nouvelles figures coexistent sans véritablement converger.
Les grands partis d’opposition aux abonnés absents
L’élément le plus parlant de ce scrutin réside peut-être dans une absence. Les principales formations d’opposition — l’UPADS, l’UDH-Yuki et l’ARD — n’ont présenté aucun candidat, laissant un vide que les sept prétendants ne comblent qu’imparfaitement.
Ces partis contestent l’équité du processus électoral et ont réclamé son report. Leur retrait n’a rien d’anecdotique : il prive le rendez-vous de mars d’une partie de sa charge concurrentielle et interroge la représentativité du futur résultat.
Pour tenter de renouer le dialogue, le gouvernement a convoqué une concertation politique du 16 au 19 février à Djambala, présentée comme un effort de consensus. Mais l’initiative divise jusque dans son calendrier même.
Plusieurs responsables jugent en effet la démarche trop tardive, intervenant après la clôture des candidatures. Difficile, dès lors, d’y voir un instrument capable d’infléchir réellement la configuration d’un scrutin déjà largement engagé sur ses rails.
Une compétition à l’issue largement anticipée
Sur le papier, la victoire de Denis Sassou-Nguesso apparaît hautement probable. L’absence des poids lourds de l’opposition et la dispersion des candidatures restantes réduisent l’incertitude qui fait habituellement le sel d’une présidentielle disputée.
Dans ce contexte, l’adversaire le plus sérieux du président sortant pourrait ne pas figurer sur les bulletins. Il s’appelle abstention. Le désintérêt grandissant des électeurs congolais s’impose comme la véritable variable de ce rendez-vous national.
Beaucoup de citoyens perçoivent l’issue comme prédéterminée, vidée d’enjeux substantiels. Ce sentiment, lorsqu’il s’installe, nourrit un cercle : moins l’élection semble ouverte, moins elle mobilise, et plus le verdict des urnes paraît écrit d’avance aux yeux du public.
Ce que dira le taux de participation
Au-delà du nom du vainqueur, c’est donc la mesure de la participation qui donnera la véritable tonalité du scrutin. Un taux élevé légitimerait le futur élu ; une abstention massive, à l’inverse, prolongerait le débat sur la vitalité démocratique du pays.
Pour les lecteurs congolais, l’enjeu dépasse la seule arithmétique électorale. Il touche à la confiance accordée aux institutions, à la capacité du système à intégrer ses oppositions et à la place laissée au pluralisme dans la vie publique nationale.
La validation des dossiers par la Cour constitutionnelle, puis les journées des 12 et 15 mars, fourniront les premiers éléments de réponse. D’ici là, le pays observe une campagne dont les contours sont posés, mais dont la portée réelle reste à mesurer.
Entre une candidature dominante, des challengers dispersés et une opposition majeure en retrait, la présidentielle congolaise de mars 2026 se présente moins comme une compétition incertaine que comme un test grandeur nature de l’adhésion citoyenne au processus électoral lui-même.
