Brazzaville aux urnes : une matinée sans foule
Le rituel démocratique a repris ce dimanche en République du Congo, avec l’ouverture des bureaux de vote pour l’élection présidentielle. Mais dans la capitale, Brazzaville, le tableau de cette première matinée contredisait les images habituelles d’un grand rendez-vous national.
Aucune file d’attente, peu de bousculades, des salles aux trois quarts vides. Le contraste avec l’effervescence attendue lors d’un scrutin présidentiel sautait aux yeux dès les premières heures de la journée.
Des bureaux ouverts à 7 heures, mais désertés
L’heure officielle d’ouverture était fixée à 7 heures. Au même moment, le même constat revenait de quartier en quartier : des agents électoraux installés, prêts à recevoir les électeurs, mais des votants qui se faisaient attendre.
À l’école primaire Pierre Ntsiete, l’un des centres de vote de Brazzaville, les citoyens se présentaient par intermittence. Quelques bulletins glissés dans l’urne, puis de longues plages d’attente. Loin de l’image d’une mobilisation massive.
Cette faible affluence matinale ne préjuge pas du taux de participation final. Mais elle installe, dès les premières heures, une tonalité particulière autour de ce rendez-vous électoral.
Un scrutin à deux tours pour 2,5 millions d’électeurs
Le vote se déroule au suffrage uninominal à deux tours. Près de 2,5 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes pour départager les prétendants à la magistrature suprême.
Le président sortant, Denis Sassou Nguesso, 82 ans, sollicite un nouveau mandat. Sa trajectoire pèse lourd dans la vie politique congolaise, lui qui totalise quarante années cumulées à la tête de l’État.
Six autres candidats se présentent face à lui. Tous cherchaient, en cette matinée, à mobiliser un électorat dont l’élan paraissait, à ce stade, plutôt mesuré.
Des retards de matériel dans plusieurs centres
À la timidité de la participation s’ajoutait un second couac logistique. À l’heure d’ouverture, certains bureaux de vote n’avaient pas encore reçu l’intégralité du matériel électoral nécessaire.
Ces livraisons incomplètes ont retardé le démarrage effectif des opérations dans quelques centres. Un décalage qui, sans bloquer le processus, a pesé sur la fluidité des premières heures du scrutin.
Dans un pays où l’organisation matérielle des élections fait régulièrement débat, ces retards rappellent la sensibilité de la chaîne logistique électorale, du transport des urnes à l’acheminement des bulletins.
Vers un éventuel second tour
La clôture des bureaux était programmée à 18 heures, soit 17 heures GMT. À l’issue du dépouillement, l’arithmétique du premier tour déterminera la suite du calendrier.
Si aucun candidat ne réunit la majorité absolue, un second tour est théoriquement prévu dans les 21 jours suivant la proclamation des résultats. La date officielle de ce possible nouveau rendez-vous n’avait toutefois pas encore été annoncée.
En attendant les chiffres définitifs, la matinée brazzavilloise laissait entrevoir une journée électorale moins dense que ne le laissait présager l’enjeu. La participation réelle, et les résultats, diront si cette première impression se confirme (Journal de Brazza).
