Un carrefour névralgique à moderniser
Au PK0 de la Route nationale 1, le giratoire de Thystère accueille chaque jour taxis urbains, poids-lourds venus du port autonome et vendeurs du marché voisin. Sa chaussée, conçue avant le boom démographique de Pointe-Noire, montrait des ornières qui ralentissaient la circulation et fragilisaient la sécurité.
Depuis plusieurs années, usagers et transporteurs réclamaient une intervention. Le contraste était saisissant entre ce point d’entrée et les tronçons modernes livrés depuis 2016 sur l’axe Pointe-Noire-Brazzaville, dont les performances soutiennent les flux de camions transportant hydrocarbures, matériaux de construction et produits agricoles.
Des travaux intensifs pour un mois
La Congolaise des routes a dépêché, le 12 décembre, une quarantaine de techniciens et un parc d’engins pour reprendre la structure du rond-point, rénover le terre-plein central et reconstituer le tapis d’enrobé sur 200 mètres. L’opération est programmée sur quatre semaines, sans fermeture totale.
Un planning nocturne ramènera le temps d’immobilisation à son strict minimum. LCR procédera d’abord à la scarification du revêtement existant, puis à un reprofilage avant d’apporter un enrobé à haute performance. Les bordures seront rehaussées afin de canaliser les eaux de pluie et limiter les nids-de-poule.
Sécurité routière et croissance urbaine
Pour Evelyne Tchitchelle Moe-Paty, administrateur maire, « l’engorgement du PK0 devenait critique pour la route et ses usagers ». Elle explique que la municipalité a d’abord dégagé les étals installés sur l’emprise publique, préalable indispensable à toute opération de génie civil durable et sûre.
La Ville travaille désormais à relocaliser définitivement les commerçants dans un périmètre domanial plus adapté. Selon les services techniques, la maîtrise de l’étalement urbain autour des grands axes reste un levier essentiel pour réduire les accidents et améliorer l’image de la capitale économique.
LCR, partenaire de l’État sur 535 km
Concessionnaire de la RN1 depuis 2017, LCR assure l’entretien et la surveillance d’un corridor qui transporte 60 % des marchandises nationales. Son modèle intègre postes de péage, stations de maintenance et patrouilles 24 h sur 24, financés par un mécanisme de redevance validé par l’État.
« Les emprises ne sont pas de simples servitudes, elles conditionnent la pérennité de nos interventions », rappelle Jacques Almaless, directeur général adjoint. Il appelle les collectivités à coordonner leurs plans d’urbanisme avec la société, afin d’anticiper la croissance du trafic et éviter des réparations coûteuses.
Voix locales : élus et experts convergent
Le député-maire honoraire Roland Bouiti Viaudo voit dans ce chantier « un message fort sur la capacité du partenariat public-privé à livrer des infrastructures fiables ». L’économiste Florent Ngoma y lit également un signal positif pour la compétitivité logistique du Congo-Brazzaville face aux ports de la région.
Dans le même esprit, les organisations de transporteurs saluent l’amélioration programmée. Leur porte-parole, Jean-Pierre Kamba, estime que le temps de rotation des camions vers Brazzaville pourrait diminuer de 15 %, réduisant les frais de carburant et d’assurance, donc les prix des intrants industriels.
À retenir
Le giratoire de Thystère, point de départ symbolique de la RN1 lancée en 2008, retrouve une conformité technique alignée sur le reste du corridor. La mobilisation conjointe de la municipalité et de LCR illustre la priorité accordée par les pouvoirs publics à la sécurité et à la croissance.
La réhabilitation ne se limite pas à l’enrobé. Le projet prévoit un nouvel éclairage LED, une signalisation renforcée et des aménagements paysagers qui valoriseront l’image de Pointe-Noire auprès des investisseurs installés dans la zone industrielle côtière.
Le point éco
Selon le ministère de l’Économie, chaque jour de congestion sur la RN1 coûte environ 150 millions de francs CFA en pertes de productivité. En fluidifiant le PK0, l’opération devrait générer un gain macro-économique annuel supérieur à quatre milliards, principalement dans le secteur logistique et portuaire.
Les entreprises locales participent aussi à la manœuvre. La carrière Saris fournit le granulat, tandis que les centrales d’enrobé d’Ignié livrent le bitume modifié. Ce recours à la filière nationale injecte, selon nos estimations, près de 60 % du budget du chantier dans l’économie congolaise.
Enjeux de long terme pour la RN1
La densification du tissu urbain autour de Pointe-Noire exige déjà de nouvelles bretelles de délestage. LCR étudie, avec le ministère de l’Équipement, un élargissement à trois voies sur les six premiers kilomètres et l’installation d’un système de feux intelligents connectés aux caméras de la société.
La stratégie s’inscrit dans la Vision 2025 du gouvernement, qui vise à faire du corridor un vecteur de diversification économique, reliant zones agricoles et mines au principal port maritime. Le succès du giratoire de Thystère pourrait servir de modèle pour des interventions semblables à Dolisie et Madingou.
Service aux usagers
Sur le terrain, les conducteurs observent déjà les premiers marquages provisoires. « Cela change l’ambiance de conduite, on se sent guidé », remercie Laurette Mavoungou, chauffeuse de bus scolaire. Le ruban national se prépare ainsi à franchir une nouvelle étape vers la fiabilité, au bénéfice de tous.
D’ici là, LCR invite les usagers à signaler toute anomalie via son numéro vert, afin d’ajuster en temps réel le dispositif.
