Une audience discrète au Plateau, mais lourde d’enjeux. Le 11 février, le chef de l’État congolais a reçu le nouveau patron de la Banque africaine de développement, à quelques mois d’un rendez-vous continental majeur attendu dans la capitale.
Une rencontre au sommet entre Brazzaville et la BAD
Denis Sassou N’Guesso, président de la République du Congo, s’est entretenu le mercredi 11 février à sa résidence du Plateau avec Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD).
La délégation de l’institution panafricaine, conduite par M. Ould Tah, a échangé avec le chef de l’État congolais. Le responsable est venu remercier le président pour son soutien lors de sa candidature à la tête de cette banque continentale.
L’audience s’inscrivait dans le cadre des relations de coopération qui lient la République du Congo à la BAD, partenaire de long terme du financement du développement national.
Des projets financés et un cap fixé pour 2026
Au cœur des discussions : les projets soutenus par la BAD au Congo, leurs perspectives, d’éventuels appuis financiers supplémentaires et les priorités fixées par Brazzaville pour l’année 2026.
L’entretien a donc dépassé le simple geste protocolaire. Les deux hommes ont passé en revue l’état d’avancement des chantiers en cours et la manière dont l’institution pourrait accompagner les choix économiques du pays.
Cette séquence traduit la volonté affichée de consolider un partenariat déjà établi, dans un contexte où les besoins de financement du continent demeurent considérables au regard des ressources réellement disponibles.
Brazzaville, capitale du financement africain en mai
Sidi Ould Tah a particulièrement insisté sur les assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement, prochainement organisées à Brazzaville.
« Les 81 gouverneurs du Groupe de la Banque africaine de développement, mais aussi les partenaires de l’Afrique et tout l’écosystème financier du continent, seront à Brazzaville en mai », a-t-il déclaré.
Le président de la BAD a réaffirmé « le soutien total du Groupe de la Banque africaine de développement et de l’ensemble de ses partenaires » pour accompagner la mise en œuvre du programme de développement congolais.
Accueillir une telle assemblée place la capitale congolaise au centre des regards. L’événement réunira décideurs publics, bailleurs et acteurs financiers, offrant au pays une vitrine diplomatique et économique de premier plan.
Mobiliser 400 milliards de dollars : la vision Ould Tah
Exposant sa vision pour l’institution, Sidi Ould Tah a mis en avant quatre points cardinaux. Le premier porte sur la mobilisation à grande échelle des ressources financières destinées au continent.
Il a rappelé que l’Afrique a besoin d’environ 400 milliards de dollars chaque année, alors que les financements actuellement consacrés au développement restent très en deçà de ce volume.
Ce diagnostic résume l’ambition du nouveau dirigeant : combler l’écart entre les besoins réels des économies africaines et les capitaux effectivement mobilisés, en élargissant la base des partenaires et des instruments disponibles.
Un économiste mauritanien aux commandes de la banque
Sidi Ould Tah est un économiste mauritanien élu à la tête de la BAD en mai 2025. Il a pris ses fonctions le 1er septembre, pour un mandat de cinq ans.
Sa visite à Brazzaville, peu après son installation, illustre l’attention portée par la nouvelle direction aux États membres et aux pays appelés à accueillir les grands rendez-vous de l’institution.
Pour le Congo, l’échéance de mai et la continuité des financements dessinent les contours d’une coopération que les deux parties disent vouloir approfondir dans les mois à venir.
