Auteur/autrice : Arsène Pembe

La recrudescence du choléra au cœur du fleuve Congo Le choléra, maladie hydrique hautement transmissible, a gagné en intensité sur le District de l’Île Mbamou dès la mi-juillet 2025, rappelant la vulnérabilité sanitaire des zones fluviales où la densité humaine, la mobilité et l’accès limité à l’eau potable forment un cocktail épidémiologique explosif. Le 26 juillet, les autorités sanitaires ont officialisé l’alerte: plus de cent cas suspects et douze décès confirmés, déclenchant un plan de riposte articulé autour de la surveillance communautaire, du choléra-kit de l’OMS et de l’activation des comités locaux de gestion des urgences. En moins de dix…

Lire plus

Un architecte congolais au parcours singulier La disparition de Paul Tsouarès De M’Poungui, figure discrète de l’architecture congolaise et ancien conseiller à l’habitat du président Pascal Lissouba, ouvre une séquence mémorielle où s’entrelacent exil étudiant, engagement citoyen et retour vers la terre natale pour la dernière demeure. Né en 1952 dans la verdoyante Bouenza, il a vécu les mutations rapides d’un Congo post-indépendance, avant de rejoindre Paris au début des années 1970 grâce à une bourse d’État, reflet des ambitions éducatives portées alors par les autorités congolaises pour former une élite technique. Des amphithéâtres parisiens aux grandes réalisations Aux bancs…

Lire plus

Contexte académique national L’université Marien-Ngouabi, unique établissement public pluridisciplinaire du Congo-Brazzaville, accueille chaque année plus de quarante-cinq mille étudiantes et étudiants. Institution emblématique depuis 1971, elle cristallise les espoirs de mobilité sociale au moment où le pays mise sur la diversification économique. Au fil des ans, la croissance démographique et l’afflux d’inscrits ont créé un écart entre ressources propres et besoins pédagogiques. Dans ce contexte, la direction a annoncé une reconfiguration des droits d’inscription, présentée comme un alignement technique plutôt qu’une hausse brutale. Barème des nouveaux frais Concrètement, le tarif pour la licence passe de dix mille cinq cents à…

Lire plus

Lancement littéraire très attendu Au Centre culturel Jean-Baptiste Tati-Loutard, la salle affichait complet lorsque Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah a levé le voile sur son treizième opus, L’appel au devoir patriotique. La date, 23 août, confirme la stratégie d’un écrivain toujours soucieux de la symbolique calendaire. Le roman, publié aux Éditions LMI, déroule 296 pages d’une prose hybride mêlant chronique personnelle, fresque historique et plaidoyer civique. L’auteur revendique un registre « transgenre » où poésie, théâtre et récit se croisent, offrant au lecteur une immersion multisensorielle dans un Congo contemporain. Une trajectoire intellectuelle singulière Depuis trois décennies, Lewa-Let Mandah traverse les…

Lire plus

Littérature et mémoire post-conflit Au Congo-Brazzaville, la production littéraire contemporaine accompagne discrètement le travail de mémoire. Avec Le Repentir, le romancier Ghislain Thierry Maguessa Ebome interroge les mécanismes intimes du pardon dans une nation encore marquée par les combats fratricides de la décennie 1990. Le livre ne propose ni chronologie exhaustive ni plaidoyer manichéen. Il offre un prisme fictionnel, suffisamment proche du réel pour toucher les victimes, suffisamment distancié pour ouvrir un débat apaisé sur les conditions sociopolitiques d’une réconciliation durable. Un récit ancré dans la guerre des milices Le décor puise dans la topographie du Pool, région stratégique autour…

Lire plus

Aux sources d’un débat identitaire Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux brazzavillois bruissent d’allégations contradictoires sur les origines de Bernard Bakana Kolélas, figure majeure de la vie publique congolaise. Une partie des internautes l’attribue au peuple téké, tandis que d’autres rappellent son enracinement sundi-lari. Loin de l’agitation polémique, l’examen des archives familiales et des enquêtes académiques permet de restituer une généalogie précise et de comprendre les mécanismes sociaux qui alimentent ces récits. Héritage familial sundi-lari Le 12 juin 1933, à Mboloki, dans le district de Kinkala, naît Bernard, fils de Nkouka ma Koutou, chef de village et couturier admiré, membre…

Lire plus

Un contexte urbain en mutation Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Brazzaville connaît une croissance urbaine accélérée, alimentée par les chantiers du chemin de fer Congo-Océan et par un afflux de commerçants ouest-africains. Cette effervescence redessine les sociabilités et ouvre un espace à des pratiques artistiques hybrides. Les cafés de Poto-Poto, vibrants de phonographes importés, diffusent les premiers 78 tours de son montuno et de highlife. Les jeunes citadins, souvent enfants de fonctionnaires, y apprennent à synchroniser percussions traditionnelles et guitare électrique fraîchement débarquée de Léopoldville. Au début des années 1950, les autorités municipales, encore coloniales, tolèrent ces animations…

Lire plus

Un hommage littéraire à la mémoire politique Dans une salle comble de Brazzaville, Richel Pyerre Ibombo a présenté son ouvrage consacré à son père, l’Honorable Jean Pierre Ibombo, disparu en 2021. Devant diplomates, parlementaires et étudiants, il a expliqué que l’écriture servait à refermer le deuil et à créer un dialogue générationnel. Le livre, plus de cent pages, s’articule en deux grands volets : la dimension familiale, puis la carrière publique. Une troisième partie, plus courte, esquisse la posture quasi mythique du défunt, décrite par le critique Prince Arnie Matoko comme « sentiment de grandeur et majesté ». Dans un Congo…

Lire plus

Retour triomphal de Casimir Zao Les premières notes de Souvenir d’enfance ont retenti samedi 9 août 2025 au quartier Saint-Pierre de Linzolo, à trente kilomètres au sud de Brazzaville. Devant plusieurs centaines de personnes, Casimir Zao, silhouette frêle mais sourire radieux, a signé son retour scénique après huit années de convalescence. À ses côtés, sa fille « Jolie Gamine », le chanteur Quentin Mouyascot et le jeune guitariste Likala Moto ont rythmé un show de deux heures, mêlant rumba, folklore téké et improvisations jazz. La ferveur du public a transformé l’inauguration de l’espace Zao en événement régional. L’espace Zao, outil…

Lire plus

Soft Power congolais à l’œuvre Le 13 septembre, Pointe-Noire accueillera la première de Rumba Bolingo, point d’orgue des Soft Power Days consacrés au patrimoine congolais. Cette comédie musicale ambitionne de transformer l’enthousiasme populaire pour la rumba en vitrine culturelle et en message d’unité nationale. Porté par le cercle Ateliers citoyens du Congo, le spectacle bénéficie d’un accompagnement constant des autorités culturelles, convaincues de la valeur stratégique de la musique dans la diplomatie publique. À Brazzaville, des responsables soulignent « la nécessité d’associer création et rayonnement régional ». La rumba, mémoire transatlantique L’inscription de la rumba congolaise au patrimoine immatériel de…

Lire plus