La recrudescence du choléra au cœur du fleuve Congo
Le choléra, maladie hydrique hautement transmissible, a gagné en intensité sur le District de l’Île Mbamou dès la mi-juillet 2025, rappelant la vulnérabilité sanitaire des zones fluviales où la densité humaine, la mobilité et l’accès limité à l’eau potable forment un cocktail épidémiologique explosif.
Le 26 juillet, les autorités sanitaires ont officialisé l’alerte: plus de cent cas suspects et douze décès confirmés, déclenchant un plan de riposte articulé autour de la surveillance communautaire, du choléra-kit de l’OMS et de l’activation des comités locaux de gestion des urgences.
En moins de dix jours, l’incidence a quadruplé, atteignant 335 cas suspects et 29 décès au 4 août, un chiffre qui, selon le Département de la surveillance épidémiologique, « reste maîtrisable grâce au dépistage précoce et à la prise en charge gratuite ».
Coordination des institutions nationales
Face à l’urgence, le ministère de la Santé et de la Population a convoqué, dès l’annonce officielle, une cellule de crise multisectorielle associant forces fluviales, autorités préfectorales et organisations confessionnelles, afin de cartographier les points critiques et harmoniser les circuits de distribution de chlore.
Pour le professeur Jean-Rosaire Ibara, ministre de tutelle, « la mutualisation des compétences nationales constitue notre première barrière contre la propagation », une stratégie soutenue par un budget d’urgence réalloué et par la gratuité des soins dans les centres de traitement dédiés.
Les équipes techniques, appuyées par l’Office national d’hygiène, ont systématisé le prélèvement d’échantillons d’eau et mis en place des dispositifs de chlorination de proximité, notamment sur les points de ravitaillement fluvial très fréquentés par les pêcheurs saisonniers.
Partenaires internationaux et dynamiques locales
L’Organisation mondiale de la santé a dépêché des épidémiologistes chargés de former les agents communautaires à l’investigation de cas, tandis que le Fonds des Nations unies pour la population assurait la logistique des kits de dignité distribués aux femmes déplacées par la crainte d’une contamination.
Les chefs de village ont instauré des veilles sanitaires nocturnes, enregistrant les cas de diarrhée aqueuse auprès de relais communautaires, une innovation saluée par l’ONU comme un exemple de diplomatie sanitaire ascendante, issue des savoirs locaux et renforçant la confiance envers les autorités.
Global développement: une approche sociétale de l’entreprise
C’est dans ce contexte qu’intervient le don de 6 750 litres d’eau minérale consenti par Global développement, dépositaire de la marque Globaline, lors d’une cérémonie officielle au cabinet ministériel le 20 août, en présence de représentants de l’OMS et de la société civile médicale.
Pour Michel-Roger Bounda, directeur général, « l’entreprise ne peut prospérer durablement sans prendre part à la santé publique », rappelant que la Responsabilité sociétale des entreprises, désormais inscrite dans la réglementation boursière régionale, encourage ces engagements mesurables en situation d’urgence.
Estimé à un million de francs CFA, l’appui se distingue par sa nature même, l’eau sûre constituant la première barrière contre le vibrion cholérique, surtout dans des localités où les puits sont inondés et les réservoirs collectifs parfois contaminés par les eaux de crue.
Selon le Dr Vincent Sossou Soudjinou, représentant de l’OMS, « ce don cible un maillon souvent négligé : l’hydratation sécurisée des familles déjà éprouvées », une approche complémentaire aux comprimés de chlore distribués aux points d’eau communautaires.
La dotation sera convoyée par la logistique militaire vers Mossaka et Loukoléla, second foyer identifié début août, où le taux d’attaque a franchi 2,5 pour mille habitants, un seuil exigeant des interventions ciblées selon le guide technique de l’Organisation pan-africaine de la santé.
Vers une résilience communautaire accrue
Au-delà de la réponse immédiate, les sociologues de la santé soulignent l’importance d’inscrire la lutte contre le choléra dans une stratégie de résilience, combinant amélioration des infrastructures hydriques, éducation sanitaire et développement d’économies locales capables de financer l’entretien des forages.
Le gouvernement envisage, selon des sources ministérielles, un plan quinquennal de modernisation des stations de traitement d’eau le long du fleuve, adossé à un mécanisme de financement mixte associant Banque de développement des États d’Afrique centrale et investisseurs privés sensibles aux critères ESG.
Cette perspective résonne avec la récente intégration, dans la politique nationale de santé, d’indicateurs de sécurité hydrique, désormais surveillés aux côtés de la mortalité maternelle et infantile afin de mieux anticiper les flambées épidémiques liées au climat.
À l’échelle communautaire, des radios rurales diffusent désormais des messages pédagogiques en lingala et kituba, consolidant un capital social précieux pour prévenir la stigmatisation des malades, favoriser le signalement précoce et soutenir la cohésion inter-villages essentielle à la mobilité économique fluviale.
La combinaison d’une gouvernance sanitaire proactive, de partenariats internationaux agiles et d’initiatives privées, à l’image de Global développement, semble aujourd’hui contenir la flambée, comme en témoignent les 234 guérisons déjà enregistrées, chiffre en progression constante depuis la mi-août.
Rien ne garantit cependant l’éradication définitive; l’expérience montre que la durabilité dépendra de la pérennisation des bonnes pratiques, du financement continu des infrastructures hydriques et de la capacité collective à maintenir un haut niveau de vigilance au-delà de la fenêtre médiatique.
