Une alliance inattendue au cœur de la Bouenza À près de 300 kilomètres de Brazzaville, le district de Kingoué cultive une renommée nouvelle : celle d’accueillir l’Association Maison du Cœur-Amis du Congo, structure associative fondée et animée par l’abbé Ghislain Ngamouna. Derrière les murs ocre de ce complexe communautaire se dessine une micro-société où vingt-cinq enfants autochtones et bantous apprennent simultanément à lire, à coder et à extraire la cire d’abeille. Si l’initiative relève d’un engagement local, sa consolidation procède d’une collaboration internationale : la République de Saint-Marin, par l’entremise de son consulat à Pointe-Noire, y cumule les gestes solidaires depuis…
Auteur/autrice : Arsène Pembe
Mayanga et la rumeur des bouteilles fantômes À Mayanga, dans l’arrondissement 8 Madibou, la scène se répète à intervalles réguliers : une ménagère pose sa bouteille sur la gazinière et, au premier déclic, la flamme promise ne jaillit pas. S’ensuit un mélange de stupeur, de frustration et de soupçon. « J’ai cru à un défaut de mon réchaud, mais le récipient était tout simplement vide », confie Clarisse M., habitante du quartier, témoignant d’un sentiment d’incompréhension partagée par plusieurs voisins. Ces récits, relayés par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, nourrissent la perception d’une arnaque organisée dans certains mini-dépôts, ces…
Un rite d’ordination à haute densité symbolique Dans la touffeur équatoriale d’Ouesso, la liturgie d’ordination présidée samedi par l’archevêque de Brazzaville n’a pas seulement sacré un nouveau pasteur; elle a dessiné, sous le regard de milliers de fidèles, la cartographie achevée d’une Église désormais conduite par ses propres fils. Les chœurs locaux mêlaient langues vernaculaires et latin dans une fluidité qui illustrait d’emblée la tension féconde entre héritage et créativité dont cette étape se veut le jalon décisif. Cent quarante ans d’évangélisation réappropriée Depuis l’arrivée des spiritains au XIXᵉ siècle, la Parole s’est enfoncée dans la forêt comme une pirogue…
Brazzaville salue une œuvre d’utilité publique Le 24 juillet, la salle Canal Olympia de Brazzaville a résonné des applaudissements nourris du corps diplomatique, des musiciens et des autorités lors de la projection en avant-première de « Rumba congolaise : les héroïnes ». La réalisatrice franco-algérienne Yamina Benguigui, connue pour son regard sociologique sur les dynamiques post-coloniales, y esquisse une fresque de soixante minutes portée par des archives rares et une bande-son volontairement épurée afin de laisser parler les timbres féminins. Présent à la séance, le président Denis Sassou Nguesso a rappelé, dans une brève allocution, que « l’efficacité d’une politique…
Brazzaville célèbre un héritage musical africain En juillet 2025, le Palais des congrès de Brazzaville a de nouveau servi d’écrin à la grand-messe panafricaine qu’est le Festival panafricain de musique. Au-delà du prestige artistique, la manifestation incarne depuis près de trois décennies une vitrine culturelle stratégique pour le Congo-Brazzaville, dont les autorités rappellent régulièrement le caractère fédérateur. Conçu à l’origine comme un forum d’unité continentale, le Fespam s’est mué, au fil des éditions, en laboratoire d’échanges esthétiques et diplomatiques où se conjuguent créations contemporaines et sauvegarde des répertoires patrimoniaux. Pour la 12ᵉ édition, la programmation a mis l’accent sur les…
Brazzaville, carrefour d’une diplomatie culturelle Le 21 juillet 2025, le Palais des congrès de Brazzaville a de nouveau revêtu des habits de capitale continentale de la musique. L’ouverture de la douzième édition du Festival panafricain de musique, placé sous la haute tutelle des autorités culturelles, a magnifié le rôle stratégique que joue le Congo-Brazzaville dans la consolidation d’une diplomatie culturelle africaine. Aux yeux des observateurs, le Fespam ne se limite pas à un rendez-vous festif : il constitue un forum discret où se croisent artistes, décideurs publics et partenaires internationaux soucieux de promouvoir une Afrique créative, apte à fédérer au-delà…
Brazzaville au rythme de la 12ᵉ édition Le Palais des Congrès s’est mué, le 21 juillet 2025, en caisse de résonance d’un continent tout entier : celui des cadences afro-urbaines et des héritages sonores pluriels. Dans les travées, diplomates, étudiants en ethnomusicologie et mélomanes anonymes se côtoyaient, témoins d’une même effervescence. Le Festival Panafricain de Musique, fruit d’une politique culturelle initiée dès 1996 et régulièrement reconduite par les autorités congolaises, confirme ainsi son rôle de plateforme diplomatique douce, à l’intersection des industries créatives et du rayonnement national. À l’heure où la compétition des soft powers s’intensifie, l’accolade symbolique entre artistes…
Un choix technique aux répercussions diplomatiques Au premier regard, l’avenant signé le 22 juillet dernier au ministère brésilien des Finances pourrait être perçu comme un simple ajustement comptable. Il s’agit pourtant d’un geste lourd de symboles. En substituant le défunt Libor par l’indice Term SOFR, Brazzaville et Brasilia se mettent en conformité avec les standards internationaux de taux de référence, gage de transparence pour les investisseurs. Au-delà de la technicité financière, le texte consacre une volonté commune : préserver la qualité de la relation bilatérale, tout en assurant au Congo un service de la dette plus prévisible et compatible avec…
Un hommage national rare Au palais des congrès de Brazzaville, la scène, riche de drapeaux pourpres et verts, s’est imposée tel un théâtre républicain de la mémoire collective. Devant les présidents d’institutions, les représentants du corps diplomatique et une délégation fournie d’universitaires, Denis Sassou Nguesso, grand maître des ordres nationaux, a posé sur la veste de Théophile Obenga l’étoile des dignitaires de la Grand-Croix. Peu d’intellectuels reçoivent une telle reconnaissance de leur vivant ; la cérémonie traduit donc une volonté assumée de célébrer la science comme vecteur de souveraineté symbolique. Trajectoire d’un humaniste africain Né à Mbaya le 2 février…
Un projet national entre ambition et résilience Annoncé en juillet 2016 dans la capitale française, le plan de déploiement de tramways à Brazzaville et Pointe-Noire s’inscrivait d’emblée dans une vision structurante portée par les autorités congolaises : remodeler la mobilité tout en affirmant la capacité d’ingénierie du pays. Sous la houlette du ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands Travaux, Jean-Jacques Bouya, ce programme interfère avec d’autres chantiers d’infrastructures – voirie, réseaux d’assainissement, extension portuaire – pour constituer la matrice d’une urbanité nouvelle. À l’heure où nombre de métropoles africaines cherchent un modèle de transport public fiable, la démarche…