Afrique ambitieuse pour 2026
L’Afrique alignera jusqu’à dix sélections à la Coupe du monde 2026, organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le tirage effectué à Washington plonge plusieurs représentants continentaux dans des groupes relevés, sans tuer un optimisme nourri par la progression technique observée depuis une décennie.
Tirage Coupe du monde 2026 : test grandeur nature
Pour la première fois, la phase finale regroupera quarante nations, profitant de deux places additionnelles arrachées par la Confédération africaine de football. L’expansion multiplie les opportunités mais accroît mécaniquement le risque de confrontations prématurées avec les grandes puissances sud-américaines et européennes.
Maroc : l’élan de 2022 comme boussole
Demi-finaliste surprise au Qatar, le Maroc aborde le groupe C avec un capital confiance inédit. Les Lions de l’Atlas retrouveront le Brésil, qu’ils ont surpris en amical à Tanger en 2023, ainsi que l’Écosse et Haïti, novice coaché par l’ancien stratège du Congo, Sébastien Migné.
Pour Walid Regragui, l’objectif assumé est de sortir en tête afin d’éviter un huitième piégeux. La Fédération marocaine s’appuie sur une filière bi-nationale dynamique et un partenariat logistique avec la Major League Soccer pour sécuriser bases d’entraînement et convivialité communautaire autour des stades californiens.
Algérie : réparer l’injustice de 1982
Le sort a placé l’Algérie dans le groupe J en compagnie de l’Argentine et de l’Autriche, rappel brutal du « match de la honte » de Gijón 1982. Djamel Belmadi assume le symbole : « Nos supporters veulent tourner la page grâce au terrain », confie-t-il.
Les Fennecs devront également négocier la fougue palestinienne, soutenue par une diaspora importante en Amérique du Nord. La clé reposera sur l’équilibre ténu entre Riyad Mahrez, créateur expérimenté, et la jeune charnière centrale, brillante durant les éliminatoires de la zone CAF.
Sénégal : choc de styles contre la France
Dans le groupe I, le Sénégal se mesure à la France, vaincue à Séoul en 2002, et à la Norvège d’Erling Haaland. Aliou Cissé, capitaine hier, sélectionneur aujourd’hui, mise sur la maturité de Kalidou Koulibaly et l’explosivité d’Ismaïla Sarr pour désorienter des défenses peu habituées à la polyvalence africaine.
Un barragiste issu d’un mini-tournoi Bolivie-Irak-Surinam bouclera la poule. Le staff sénégalais espère profiter de la connaissance tactique française de plusieurs joueurs évoluant en Ligue 1 pour anticiper les transitions rapides que privilégie Didier Deschamps depuis la dernière compétition continentale.
Côte d’Ivoire : retour des Éléphants sur la grande scène
Six ans après un vaste programme de rajeunissement, la Côte d’Ivoire retrouve le Mondial dans un groupe G dominé par l’Allemagne et l’Équateur. La formation de Jean-Louis Gasset voit dans la présence de Curaçao une opportunité d’engranger des points avant les affiches plus relevées.
Le comité exécutif de la FIF a consolidé un partenariat avec un équipementier américain pour bénéficier d’infrastructures au Texas, réduisant les déplacements aériens. L’objectif avoué est un huitième de finale, palier jamais franchi par les Éléphants malgré trois participations précédentes.
Cap-Vert : baptême du feu
La sélection insulaire, guidée par l’attaquant Ryan Mendes, découvre la compétition dans un groupe H comprenant l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Les techniciens reconnaissent que l’expérience vaut déjà victoire, même si l’exigence tactique ibérique promet un défi constant pour les latéraux cap-verdiens.
Ghana : montagnes anglaise et croate
Logés dans le groupe L, les Black Stars se heurtent à l’Angleterre et à la Croatie, finalistes respectifs des éditions 2020 et 2018 de l’Euro et du Mondial. Otto Addo compte sur la résilience de Thomas Partey et un pressing haut pour compenser un gabarit défensif jugé limité.
Tunisie et Afrique du Sud : parcours semé d’embûches
La Tunisie a tiré les Pays-Bas, le Japon et un barragiste européen dans le groupe F. Jalel Kadri redoute la mobilité nippone mais insiste sur la solidité défensive héritée du championnat local pour accrocher des points indispensables à une éventuelle différence de buts favorable.
Chez les Bafana Bafana, opposés au pays hôte mexicain et à la Corée du Sud, l’enjeu principal demeure l’efficacité offensive. L’entraîneur Hugo Broos a convoqué plusieurs binationales évoluant en MLS pour fluidifier l’adaptation logistique et créer un soutien diasporique dans les tribunes texanes.
Égypte : expérience face au mélange
Placés avec la Belgique, l’Iran et la Nouvelle-Zélande, les Pharaons parient sur le leadership internationalement reconnu de Mohamed Salah. Rui Vitória souligne l’importance des transitions rapides pour surprendre une défense belge parfois exposée lors des récentes rencontres de Ligue des nations.
RDC : dernier sésame à décrocher
Si elle franchit les barrages intercontinentaux contre la Jamaïque ou la Nouvelle-Calédonie, la RDC rejoindra le groupe K avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan. Sébastien Desabre prépare déjà des séances vidéo sur la mobilité lusitanienne afin d’anticiper les permutations offensives de Bernardo Silva.
À retenir
La représentation africaine n’a jamais été aussi élevée, mais chaque sélection devra composer avec des dynamiques historiques et des déplacements exigeants sur trois pays hôtes. La profondeur de banc et la capacité à gérer les voyages inter-zones apparaissent comme facteurs décisifs pour atteindre les quarts.
