Entre Brazzaville et Kinshasa, le fleuve a longtemps été frontière autant que lien. Les deux capitales viennent de franchir une marche discrète mais décisive vers l’ouvrage censé les réunir.
Quatre jours d’experts pour un cadre fiscal partagé
Réunis le 5 février 2026 au siège de l’Agence congolaise des grands travaux, à Kinshasa, des spécialistes des deux rives ont validé un accord bilatéral. Il fixe un régime fiscal commun pour le futur pont route-rail enjambant le fleuve Congo.
La session technique s’est étalée sur quatre jours. Elle a mobilisé des experts des questions fiscales, douanières et juridiques venus des deux États. Tous partageaient un même objectif : aligner deux administrations sur un texte unique.
Une « étape majeure » selon Brazzaville
« Une étape majeure », a résumé Caddy Elisabeth Ndala, cheffe de la délégation de Brazzaville. La formule traduit l’enjeu d’un dossier où la volonté politique butait jusqu’ici sur des réalités administratives.
Car la difficulté n’est pas tant l’ingénierie que la mécanique fiscale. Deux souverainetés, deux régimes douaniers, deux logiques de recettes publiques : tout cela devait converger avant que les premières piles ne sortent de l’eau.
Lever les obstacles avant le chantier
L’accord vise précisément à désamorcer les blocages techniques et administratifs susceptibles d’entraver l’exécution du projet. Responsables des régies financières, des douanes et du fisc ont contribué à dessiner le cadre réglementaire commun.
Cette anticipation distingue le projet d’autres infrastructures africaines, souvent ralenties par des contentieux fiscaux survenant en cours de route. Ici, l’effort de cadrage précède la construction, signe d’une coopération mûrie.
Un levier d’intégration pour l’Afrique centrale
Le pont ambitionne de resserrer l’intégration économique entre la République du Congo et la République démocratique du Congo. En jeu : la fluidité des échanges commerciaux et la mobilité des personnes comme des biens.
À plus large échelle, l’ouvrage doit améliorer la connectivité continentale. Reliant deux capitales aujourd’hui séparées par une traversée fluviale, il s’inscrit dans la logique des grands corridors que l’Afrique centrale appelle de ses vœux.
Une coopération bilatérale relancée
La finalisation s’est faite sous la conduite de Nico Nzau Nzaua, directeur général de l’ACGT. Sa présence souligne le pilotage technique de l’opération, désormais ancrée dans un cadre juridique partagé.
Au-delà du symbole, l’accord renouvelle une coopération de développement entre les deux Congo. Reste à transformer ce socle réglementaire en réalité de béton et d’acier, une étape qui mesurera la solidité des engagements pris.
