Un climat social sous haute surveillance
Il aura fallu une lecture de quinze minutes, mais des jours de tractations patientes, pour consigner les engagements scellés entre la direction générale du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville, l’intersyndicale et la direction départementale du Travail. Sous l’œil conciliateur d’Yvon Roger Tseke-Tseke, les partenaires sociaux ont mis en suspens un climat de tension latent né de la déclaration de l’assemblée générale du 25 juillet. « Certaines revendications n’avaient pas de caractère strictement professionnel », a relevé Joël Bazoma, porte-voix de la Fesytrasas, rappelant la nécessité de recentrer le débat sur les fondamentaux du service public de santé.
Entre impératifs budgétaires et urgences sanitaires
Le cœur de l’accord repose sur un calendrier concret : tenue de la Commission paritaire d’avancement et de sécurité sociale avant le 31 août 2025, relance des négociations de la convention collective dans les deux mois et activation d’une commission dédiée à l’évaluation de la dette vis-à-vis de la CNSS. Il s’agit d’un véritable exercice d’équilibriste dans un contexte où les finances publiques doivent composer avec la relance économique post-pandémie et les impératifs de modernisation de l’offre de soins. L’exécutif, déjà engagé dans un vaste chantier de réhabilitation des infrastructures hospitalières, est ainsi invité à accélérer la fourniture d’équipements biomédicaux et la mise en place d’un comité d’hygiène et de sécurité, conformément aux arrêtés 9030 et 6800.
Le pari d’un dialogue social durable
Plus qu’un simple relevé de conclusions, le document paraphé par le professeur Thierry Raoul Alexis Gombet et l’autorité départementale du Travail érige le dialogue en clé de voûte de la gouvernance hospitalière. La formation rapide des gestionnaires des ressources humaines aux subtilités du droit syndical, couplée à la redynamisation de la commission de suivi des arriérés de salaires, devrait contribuer à instaurer un climat de confiance pérenne. En filigrane se dessine une volonté partagée : prévenir toute interruption de service qui pénaliserait d’abord les patients. Comme le souligne un cadre du ministère de la Santé, « la paix sociale est un déterminant majeur de la performance hospitalière ». Le suivi des engagements par l’administration du Travail sera décisif pour transformer la feuille de route consensuelle en réalisations tangibles, gage d’un modèle de gouvernance où la blouse blanche s’accorde enfin au tempo du dialogue social.
