Un trophée né dans la diaspora congolaise Il aura fallu l’énergie collective d’Actions Diaspo, organisation pilotée par l’entrepreneur culturel Wesman Bijou Sinald, pour transformer une idée simple – applaudir les réussites congolaises – en véritable dispositif de rayonnement intitulé “Les Lumières du Congo”. Le concept s’inscrit dans une longue tradition de reconnaissance, mais veut s’affranchir des codes convenus : il ne sacre pas seulement des personnalités, il construit une plateforme durable qui connecte la jeunesse, la diaspora et les décideurs installés au cœur de Brazzaville et Pointe-Noire. Fixée au 8 février 2026, la première édition se déroulera intégralement en ligne, un…
Auteur/autrice : Arsène Pembe
Brazzaville met la radio au service du bien-être Le lobby feutré de l’hôtel Elbo Suite a vibré, le 20 décembre 2025, au rythme des applaudissements : le ministre Thierry Moungalla y a clôturé la formation UNESCO-PAM destinée aux journalistes locaux. Durant une semaine, la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé sexuelle ont occupé ondes et débats. Des participants venus de six départements Bouenza, Brazzaville, Lékoumou, Plateaux, Cuvette et Likouala avaient dépêché 35 reporters. Tous animent ou produisent les programmes des radios de proximité qui jalonnent ces territoires. Leur point commun : une audience fidèle, parfois enclavée, cherchant des réponses…
Une réponse sociale à la garde d’enfants Dans les allées colorées du marché Soukissa, au sud-ouest de Brazzaville, une pièce fraîchement repeinte abrite la première crèche communautaire gérée par les ‘Mama Mobokoli’. Ici, les cris d’enfants se mêlent au bourdonnement des étals, scellant une réponse pragmatique au casse-tête de la garde. Le concept, importé et adapté d’un modèle kényan, vise d’abord la sécurité sanitaire et affective des tout-petits. Mais il libère surtout leurs mères, majoritairement vendeuses, qui pouvaient perdre jusqu’à deux heures par jour pour allaiter ou surveiller un nourrisson sous la table. Des chiffres qui attestent l’engouement Ouverte en…
Grève prolongée sur le campus de Brazzaville Entre mécontentement estudiantin et revendications professorales, la grève lancée le 17 novembre à l’université Marien Ngouabi anime toujours le campus. Cinq mois d’arriérés salariaux nourrissent la mobilisation, laissant plus de 32 000 inscrits sans cours depuis bientôt six semaines. Cette situation remet au premier plan la question récurrente du financement de l’enseignement supérieur public, secteur où l’État congolais consacre déjà 11 % de son budget, selon le ministère des Finances, mais dont les besoins croissants dépassent souvent les disponibilités trésorières. Des revendications salariales persistantes Dans les amphithéâtres déserts, les états d’âme se croisent.…
Une validation très attendue Brazzaville a officialisé, le 16 décembre 2025, le Plan national de développement des ressources humaines pour la santé 2026-2030. Dans l’hémicycle du ministère, le professeur Jean-Rosaire Ibara a signé le document aux côtés des ministres partenaires et du représentant de l’OMS, le Dr Vincent Dossou Sodjinou. La scène, sobre mais déterminante, scelle trois ans de diagnostics et de concertations. Elle traduit le choix du gouvernement de placer le capital humain au cœur de la réforme hospitalière, un jalon présenté comme indispensable pour donner corps à la couverture sanitaire universelle prévue dans la Constitution. Une stratégie arrimée…
Enjeux éducatifs nationaux Sous les lustres des Tours jumelles, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a lancé, le 16 décembre, les programmes TRESOR et PARQEB. L’événement, très attendu par la communauté éducative, traduit l’engagement de l’exécutif à remettre l’école au centre du projet national. Autour de lui se tenaient le préfet de Brazzaville, les représentantes de l’UNICEF, de l’UNESCO et de la Banque mondiale, témoignant d’un front commun pour que l’éducation, pilier du Plan national de développement 2022-2026, gagne enfin en efficacité. Un double levier pour le capital humain TRESOR, dédié à la transformation du secteur, et PARQEB, axé sur…
Brazzaville inaugure le nouveau cœur du PNLS Après cinq mois de travaux intenses, le gouvernement congolais a officiellement remis les clés du nouveau siège du Programme national de lutte contre le sida, le 15 décembre à Brazzaville. Sur l’avenue des Trois-Martyrs, l’édifice modernisé symbolise la montée en gamme de la riposte sanitaire nationale. Le bâtiment de 400 mètres carrés, inséré dans une parcelle de 10 000 mètres carrés du quartier Poto-Poto, compte vingt-trois pièces, des salles de réunion lumineuses aux espaces d’archivage climatisés, en passant par un plateau de reprographie pensé pour accélérer la diffusion des données épidémiologiques. Des travaux…
Le poids des mots Le mot migration traverse tribunes et écrans à un rythme soutenu, mais sa charge symbolique demeure mal comprise. À l’occasion de la Journée internationale des migrants, le débat lexical refait surface, révélant l’enjeu civique d’un vocabulaire réellement précis. Forger les bons termes n’est pas une coquetterie. Plusieurs études montrent qu’une expression inadéquate influence les politiques publiques, les émotions collectives et, in fine, les urnes électorales. Signe des temps, le Musée national de l’histoire de l’immigration multiplie actuellement ateliers et publications pédagogiques. Une histoire française Pour Constance Rivière, directrice générale du Palais de la Porte Dorée, «…
Kits AGR: coup de projecteur sur Mfilou En plein cœur du septième arrondissement de Brazzaville, huit jeunes femmes vivant avec un handicap ont reçu, le 10 décembre, des kits d’activités génératrices de revenus. Derrière cette remise symbolique se joue un pas décisif vers l’autonomie économique d’une catégorie longtemps marginalisée. L’opération clôture le Projet d’appui à l’intégration socioéconomique des jeunes filles-mères et femmes handicapées, lancé le 17 janvier grâce à un cofinancement de l’ambassade de France au Congo à hauteur de dix millions de francs CFA et de l’Observatoire Handicap Humanité. De la vulnérabilité à l’entrepreneuriat En trois cohortes successives, cinquante…
Essor d’un adverbe fétiche Dans les bus bondés de Brazzaville autant que sur les plateaux télé, un même adverbe s’impose : « vraiment ». Sa fréquence étonne les visiteurs, amuse les linguistes et interroge les enseignants, tant il illustre la vitalité et les dérives possibles de l’oralité urbaine congolaise. Loin d’être un simple tic, l’usage extensif de « vraiment » révèle une histoire coloniale, une scolarisation inégale et l’essor d’un français panaché de langues nationales. Ce glissement lexical, aujourd’hui mondialisé par les réseaux sociaux, mérite un regard nuancé, loin des jugements hâtifs. Origines sociolinguistiques de l’engouement Les travaux du professeur…